Cette période est toujours chargée de sens et de puissance. Nous venons de célébrer Pourim et, cette année particulièrement, avec un éclat incomparable. Et nous nous dirigeons vers le mois de Nissan dont le nom seul évoque déjà, en hébreu, la notion de miracle et qui nous conduit au jour fondateur de la liberté, celui de la sortie d’Egypte, avec Pessa’h. Ce temps est, dans la tradition, essentiel d’année en année. C’est bien plus que de rappels historiques qui nous ramèneraient dans l’Egypte ou la Perse antique qu’il s’agit. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de relire ces événements au présent.
Dans le monde où nous vivons, où bien souvent, c’est le chaos qui semble être le principal gagnant, la proximité des fêtes de Pourim et de Pessa’h nous rappelle qu’il existe un ordre et une harmonie éternels. Elles nous disent aussi qu’au-delà des considérations géopolitiques et des indignations de commande, des notions anciennes comme le bien, le mal, la justice sont d’actualité et qu’elles permettent de mériter le beau titre d’êtres humains. C’est qu’il peut se faire que, dans le fracas de la guerre, on en oublie de regarder les choses avec cette attention que réclame tout ce qui touche à la vie et à l’homme.
Alors, il faut conserver cette perspective car de tels combats ne se remportent pas seulement sur le plan matériel. Créatures de D.ieu, constitués à ce titre d’un aspect physique et aussi d’une dimension spirituelle, c’est sur ces deux plans qu’il nous faut lutter. Certes, la guerre, au sens littéral, hélas existe. Et chacun souhaite qu’elle cesse aussi vite que possible pour des lendemains meilleurs mais la lutte spirituelle se poursuit et peut-être est-ce aussi dans notre cœur et notre esprit que se joue le sort des batailles.
Après Pourim et en nous préparant à Pessa’h, nous avons cette tâche : faire que le Bien l’emporte en nous, dans notre vie quotidienne, dans la totalité de nos actes. C’est ainsi que chacun détient une véritable clé, celle du bonheur et de la victoire ultimes : la venue de Machia’h.