Plus de banquets vous êtes désormais seuls
Mosaic Express | January 10, 2025
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Plus de banquets vous êtes désormais seuls

Mosaic Express | June 27, 2025

Vers la fin de la Paracha de cette semaine, Vaye’hi, la Torah relate qu’après le décès de Yaakov, les frères de Yossef craignaient qu’il ne cherche à se venger d'avoir été vendu en Égypte. Ils vinrent donc vers lui et lui dirent :

« Ton père a donné cet ordre avant sa mort, en ces termes : ‘ainsi vous direz à Yossef, je t’en prie, pardonne l'offense de tes frères et leur péché ; car ils ont agi mal envers toi. Et maintenant nous te prions, pardonne l'offense des serviteurs du D.ieu de ton père. » (Vaye’hi 50 : 16-17).

Lorsque Yossef prit connaissance des soupçons de ses frères à son égard, il pleura et leur fit comprendre sans ambiguïté qu'il ne les tenait pas responsables de ses souffrances.

Il est étonnant qu'après dix-sept années passées ensemble, depuis le moment où il leur révéla être le vice-roi d'Égypte jusqu'au décès de Yaacov, ils continuaient à craindre que Yossef ne cherche à se venger. Yossef avait tout fait pour montrer son amour et son affection envers eux en les soutenant matériellement et affectivement. Cela montrait qu'il n'éprouvait aucune rancune à leur égard. Qu'est-ce qui put provoquer un tel changement après la mort de Yaakov ?

Rachi aborde cette question et répond qu'aussi longtemps que Yaakov était vivant, il partageait des repas avec ses frères. Après leur retour de l’enterrement de Yaakov, Yossef cessa de les convier à sa table. Cela fut perçu par ces derniers comme un indicateur d’une évolution dans l'attitude de Yossef. Tant que Yaakov vivait, ils supposaient que Yossef faisait preuve de tolérance et feignait l'affection afin de préserver l'unité familiale aux yeux de leur père. Mais avec le décès de celui-ci, leur crainte du désir de vengeance de Yossef ressurgit.

Cependant, la réponse de Rachi soulève une question supplémentaire : pourquoi Yossef changea-t-il son habitude d'inviter ses frères à sa table ? S’il éprouvait véritablement amour et respect pour eux, pourquoi s'éloigna-t-il en ne les recevant plus comme auparavant ?

Le Midrach - qui constitue vraisemblablement la source du commentaire de Rachi ici - fournit une réponse simple à cette interrogation. Voici des mots librement adaptés du Midrach :

Respect pour le père

Lorsque Yaakov était vivant, il veillait à ce que lors de ces repas communs, Yossef - en tant que roi - soit assis à la tête de la table. Cette situation plaçait Yossef dans un profond inconfort car il ne souhaitait pas occuper une meilleure place que ses aînés. Bien qu'il eût prédit un jour que ses frères se prosterneraient devant lui, son humilité - et peut-être la crainte que cela ravive l'ancienne animosité chez ses frères - le rendait mal à l’aise face à cette disposition. Toutefois, il n'avait guère le choix ; c'était le désir exprimé par son père. Par respect pour celui-ci, il s’assit donc à la place d'honneur.

Mais maintenant que son père n’était plus présent parmi eux, il ne pouvait se résoudre à affirmer sa supériorité sur ses frères. Pour éviter une situation embarrassante quant à savoir qui devrait occuper cette position honorifique lors des repas familiaux, il décida donc de cesser les invitations.

Le retour de la famine

On pourrait également suggérer que la décision de Yossef d'interrompre ses invitations adressées à ses frères pourrait être attribuée à un autre facteur très pragmatique : la principale responsabilité de Yossef consistait à assurer la subsistance non seulement pour l’Égypte mais aussi pour les nations voisines, touchées par la famine dévastatrice qui sévissait alors. Il n'avait guère le temps ni l'opportunité de célébrer des banquets ou mener une vie sociale active. Depuis l'arrivée de Yaakov en Égypte et jusqu'à sa mort, la famine avait miraculeusement cessé avant de revenir avec toute sa rigueur à son décès.

Ainsi pouvons-nous comprendre pourquoi Yossef ne convia plus ses frères aux repas comme auparavant ; tant que Yaakov était présent parmi eux, Yossef pouvait concilier sa responsabilité essentielle envers le peuple égyptien tout en ayant encore suffisamment du temps pour entretenir des relations familiales chaleureuses autour d'un dîner royal. Désormais, face au retour imminent de la famine, Yossef devait renoncer aux plaisirs sociaux.

Douze directions

Il pourrait exister une troisième raison plus profonde justifiant le changement d'attitude adopté par Yossef envers ses frères.

Yossef percevait chez eux des tempéraments variés, représentant ainsi différentes approches face aux défis existentiels. Il savait pertinemment que ces individus constitueraient le noyau fondateur d'une nation juive, non seulement destinée à recevoir la Torah mais également investie du devoir sacré de transformer le monde en une Résidence divine. Yossef comprenait également que pour réaliser cette mission, il fallait douze approches distinctes. Effacer les différences individuelles sous prétexte d’unité s’avérerait nuisible tant pour eux-mêmes que pour notre monde et serait finalement contre-productif par rapport à l’objectif même visant cette unité. D.ieu souhaite voir nos talents individuels pleinement cultivés.

Par ailleurs, il est tout aussi crucial de veiller à ce que nos divers talents ainsi que nos approches divergentes ne donnent jamais lieu à une disharmonie. Il est impératif qu’il existe un sentiment partagé selon lequel ces douze voies doivent converger vers une finalité commune : faire émerger dans notre monde la Présence Divine révélée. Telle est effectivement notre vision juive concernant l'Ere Messianique. Pour favoriser cette unité, il est impératif de se remémorer notre origine commune ; nous sommes tous issus d’Avraham, Yits’hak et Yaakov, que ce soit sur le plan spirituel ou biologique.

Ainsi, tant que Yaakov demeurait parmi eux, il était essentiel qu’ils partagent leurs repas afin de favoriser une compréhension mutuelle qui leur permettrait de reconnaître qu’ils forment véritablement un seul peuple. Toutefois, Yossef était également conscient que si jamais ils restaient constamment réunis sous son aura puissante et omniprésente, cela entraverait leur développement individuel. Yossef craignait que sa présence écrasante ne provoque un étouffement identitaire. Afin de remédier à cela, Yossef opta plutôt de laisser chacun mener son existence individuelle.

Multidimensionnels mais unis

Nous vivons actuellement une période décisive. Toutefois, nous formons un peuple multiple car chaque individu exprime la lumière infinie divine selon une manière unique.

Néanmoins, deux éléments sont essentiels. Tout d’abord, nos disparités ne doivent jamais conduire à un sentiment de fragmentation, à une division entre nous. Nous devons toujours garder conscience de notre origine historique et de notre destinée commune.

Par ailleurs, il demeure essentiel de réaliser que tant nos différences que notre unité doivent reposer sur un objectif commun : amener le Machia’h, par la pensée, les paroles et les actions conformes à la Volonté divine. Surtout durant ces périodes critiques, nous devons tous nous engager à renforcer l’observance du Judaïsme, dans un esprit de solidarité et d’unité.

« Pleine de rire »

Evoquant le temps de Machia’h, les Psaumes (126 : 2) annoncent : « Alors, notre bouche s’emplira de rire ». Il faut souligner que ce rire-là a un sens et une motivation profondes.

En effet, la valeur numérique du mot « rire » en hébreu est de 414. C’est aussi celle des mots « Ohr Ein Sof » qui signifient « Lumière Infinie » et font référence à l’Essence Divine. Cette équivalence indique que la signification véritable de ce « rire » est la révélation de D.ieu.

Vers la fin de la Paracha de cette semaine, Vaye’hi, la Torah relate qu’après le décès de Yaakov, les frères de Yossef craignaient qu’il ne cherche à se venger d'avoir été vendu en Égypte. Ils vinrent donc vers lui et lui dirent :

« Ton père a donné cet ordre avant sa mort, en ces termes : ‘ainsi vous direz à Yossef, je t’en prie, pardonne l'offense de tes frères et leur péché ; car ils ont agi mal envers toi. Et maintenant nous te prions, pardonne l'offense des serviteurs du D.ieu de ton père. » (Vaye’hi 50 : 16-17).

Lorsque Yossef prit connaissance des soupçons de ses frères à son égard, il pleura et leur fit comprendre sans ambiguïté qu'il ne les tenait pas responsables de ses souffrances.

Il est étonnant qu'après dix-sept années passées ensemble, depuis le moment où il leur révéla être le vice-roi d'Égypte jusqu'au décès de Yaacov, ils continuaient à craindre que Yossef ne cherche à se venger. Yossef avait tout fait pour montrer son amour et son affection envers eux en les soutenant matériellement et affectivement. Cela montrait qu'il n'éprouvait aucune rancune à leur égard. Qu'est-ce qui put provoquer un tel changement après la mort de Yaakov ?

Rachi aborde cette question et répond qu'aussi longtemps que Yaakov était vivant, il partageait des repas avec ses frères. Après leur retour de l’enterrement de Yaakov, Yossef cessa de les convier à sa table. Cela fut perçu par ces derniers comme un indicateur d’une évolution dans l'attitude de Yossef. Tant que Yaakov vivait, ils supposaient que Yossef faisait preuve de tolérance et feignait l'affection afin de préserver l'unité familiale aux yeux de leur père. Mais avec le décès de celui-ci, leur crainte du désir de vengeance de Yossef ressurgit.

Cependant, la réponse de Rachi soulève une question supplémentaire : pourquoi Yossef changea-t-il son habitude d'inviter ses frères à sa table ? S’il éprouvait véritablement amour et respect pour eux, pourquoi s'éloigna-t-il en ne les recevant plus comme auparavant ?

Le Midrach - qui constitue vraisemblablement la source du commentaire de Rachi ici - fournit une réponse simple à cette interrogation. Voici des mots librement adaptés du Midrach :

Respect pour le père

Lorsque Yaakov était vivant, il veillait à ce que lors de ces repas communs, Yossef - en tant que roi - soit assis à la tête de la table. Cette situation plaçait Yossef dans un profond inconfort car il ne souhaitait pas occuper une meilleure place que ses aînés. Bien qu'il eût prédit un jour que ses frères se prosterneraient devant lui, son humilité - et peut-être la crainte que cela ravive l'ancienne animosité chez ses frères - le rendait mal à l’aise face à cette disposition. Toutefois, il n'avait guère le choix ; c'était le désir exprimé par son père. Par respect pour celui-ci, il s’assit donc à la place d'honneur.

Mais maintenant que son père n’était plus présent parmi eux, il ne pouvait se résoudre à affirmer sa supériorité sur ses frères. Pour éviter une situation embarrassante quant à savoir qui devrait occuper cette position honorifique lors des repas familiaux, il décida donc de cesser les invitations.

Le retour de la famine

On pourrait également suggérer que la décision de Yossef d'interrompre ses invitations adressées à ses frères pourrait être attribuée à un autre facteur très pragmatique : la principale responsabilité de Yossef consistait à assurer la subsistance non seulement pour l’Égypte mais aussi pour les nations voisines, touchées par la famine dévastatrice qui sévissait alors. Il n'avait guère le temps ni l'opportunité de célébrer des banquets ou mener une vie sociale active. Depuis l'arrivée de Yaakov en Égypte et jusqu'à sa mort, la famine avait miraculeusement cessé avant de revenir avec toute sa rigueur à son décès.

Ainsi pouvons-nous comprendre pourquoi Yossef ne convia plus ses frères aux repas comme auparavant ; tant que Yaakov était présent parmi eux, Yossef pouvait concilier sa responsabilité essentielle envers le peuple égyptien tout en ayant encore suffisamment du temps pour entretenir des relations familiales chaleureuses autour d'un dîner royal. Désormais, face au retour imminent de la famine, Yossef devait renoncer aux plaisirs sociaux.

Douze directions

Il pourrait exister une troisième raison plus profonde justifiant le changement d'attitude adopté par Yossef envers ses frères.

Yossef percevait chez eux des tempéraments variés, représentant ainsi différentes approches face aux défis existentiels. Il savait pertinemment que ces individus constitueraient le noyau fondateur d'une nation juive, non seulement destinée à recevoir la Torah mais également investie du devoir sacré de transformer le monde en une Résidence divine. Yossef comprenait également que pour réaliser cette mission, il fallait douze approches distinctes. Effacer les différences individuelles sous prétexte d’unité s’avérerait nuisible tant pour eux-mêmes que pour notre monde et serait finalement contre-productif par rapport à l’objectif même visant cette unité. D.ieu souhaite voir nos talents individuels pleinement cultivés.

Par ailleurs, il est tout aussi crucial de veiller à ce que nos divers talents ainsi que nos approches divergentes ne donnent jamais lieu à une disharmonie. Il est impératif qu’il existe un sentiment partagé selon lequel ces douze voies doivent converger vers une finalité commune : faire émerger dans notre monde la Présence Divine révélée. Telle est effectivement notre vision juive concernant l'Ere Messianique. Pour favoriser cette unité, il est impératif de se remémorer notre origine commune ; nous sommes tous issus d’Avraham, Yits’hak et Yaakov, que ce soit sur le plan spirituel ou biologique.

Ainsi, tant que Yaakov demeurait parmi eux, il était essentiel qu’ils partagent leurs repas afin de favoriser une compréhension mutuelle qui leur permettrait de reconnaître qu’ils forment véritablement un seul peuple. Toutefois, Yossef était également conscient que si jamais ils restaient constamment réunis sous son aura puissante et omniprésente, cela entraverait leur développement individuel. Yossef craignait que sa présence écrasante ne provoque un étouffement identitaire. Afin de remédier à cela, Yossef opta plutôt de laisser chacun mener son existence individuelle.

Multidimensionnels mais unis

Nous vivons actuellement une période décisive. Toutefois, nous formons un peuple multiple car chaque individu exprime la lumière infinie divine selon une manière unique.

Néanmoins, deux éléments sont essentiels. Tout d’abord, nos disparités ne doivent jamais conduire à un sentiment de fragmentation, à une division entre nous. Nous devons toujours garder conscience de notre origine historique et de notre destinée commune.

Par ailleurs, il demeure essentiel de réaliser que tant nos différences que notre unité doivent reposer sur un objectif commun : amener le Machia’h, par la pensée, les paroles et les actions conformes à la Volonté divine. Surtout durant ces périodes critiques, nous devons tous nous engager à renforcer l’observance du Judaïsme, dans un esprit de solidarité et d’unité.

« Pleine de rire »

Evoquant le temps de Machia’h, les Psaumes (126 : 2) annoncent : « Alors, notre bouche s’emplira de rire ». Il faut souligner que ce rire-là a un sens et une motivation profondes.

En effet, la valeur numérique du mot « rire » en hébreu est de 414. C’est aussi celle des mots « Ohr Ein Sof » qui signifient « Lumière Infinie » et font référence à l’Essence Divine. Cette équivalence indique que la signification véritable de ce « rire » est la révélation de D.ieu.

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