On peut légitimement se demander pourquoi la Torah a jugé nécessaire de nous narrer cette histoire d’Avraham accomplissant les rites de l’hospitalité, alors que, depuis l’épisode du Sinaï, la dynamique des Mitsvot a évolué. Désormais, la Mitsva doit exercer une influence tangible sur le monde. Pourquoi donc relater la Mitsva d’Avraham qui n’a pas engendré cet effet ?
La réponse réside dans le fait que nous sommes constamment en préparation pour recevoir à nouveau la Torah, car celle-ci nous est donnée quotidiennement. L’une des conditions préalables à l’acceptation de la Torah consiste à nous préparer à agir avec bienveillance et à éveiller l’énergie spirituelle de notre âme. Modifier le monde sans permettre à nos propres sentiments d’émerger constituerait une forme inadéquate d’accomplissement de la Mitsva.
Ainsi, les Mitsvot que nous observons aujourd’hui remplissent une double fonction : elles enrichissent notre existence personnelle tout en transformant progressivement le monde, conduisant inexorablement celui-ci vers l’ère messianique où l’effet cumulatif de toutes les Mitsvot métamorphosera définitivement le monde en une demeure pour D.ieu.