Le recit de la semaine
Mosaic Express | December 20, 2024
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Le recit de la semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

Il s’appelle Morde’haï Maïmone. Originaire de Bucarest (Roumanie), il est monté en Israël avec ses parents à l’âge de deux ans, après la Shoah, à bord du bateau appelé Atsmaout (Indépendance). Au début, la famille fut hébergée comme tant d’autres réfugiés juifs venus d’Europe et d’Afrique du nord dans un village de tentes à Pardess ‘Hanna puis s’installa à Re’hovot. La mère de famille travaillait dans un jardin d’enfants tandis que le père était employé dans un chantier et ne revenait à la maison qu’une fois par semaine. Etant l’aîné, Morde’haï devait aider sa mère à gérer la maison et à surveiller ses frères et sœurs. Il se souvient que la famille ne possédait pas de réfrigérateur et dépendait, pour conserver les aliments, de la glace qu’un camion livrait dans la rue et qu’il fallait découper à la main, ce qui était un travail épuisant et douloureux.

Pendant les vacances, le jeune garçon se consacrait à toutes sortes de petits jobs d’appoint pour subvenir aux besoins de la famille.

Après l’école élémentaire, Morde’haï apprit la menuiserie puis le métier de tailleur de diamants, sans compter des cours de Torah le soir. Son service militaire l’amena jusque dans le Golan et c’est là qu’il acquit des amis solides avec lesquels il est encore en contact.

Quand éclata la guerre le jour de Yom Kippour 1973, il entendit à la radio son ordre de mobilisation avec le mot de passe : « Adama Tova - Bonne Terre ». Immédiatement, il prit congé de sa femme et de ses deux enfants et partit vers le Golan où se déroulaient des combats acharnés contre l’armée syrienne. Avec ses camarades, il arriva au pied du Mont Tel Parass alors que des avions syriens survolaient leurs positions en tentant de les éliminer.

« Un tank ennemi transperça nos positions. Dans le talkie-walkie, mon commandant m’ordonna d’attendre les ordres. Mais je voyais le chauffeur de tank ennemi tenter de tirer dans notre direction. Dans la seconde où son regard se détourna de nous, nous avons sauté de notre véhicule. Le tankiste syrien tira encore et encore et le véhicule que nous venions de quitter prit feu.

Nous avons couru vers le tank ennemi et jeté une grenade à l’intérieur. Le conducteur fut tué et le combat cessa. Nous sommes restés désarmés, sans équipement. Nous sommes allés vérifier le fortin et il y avait effectivement deux de nos soldats qui s’y étaient cachés et que nous avons pu sauver avec nous. De fait, c’était une petite synagogue à laquelle les Syriens avaient mis le feu, avec les rouleaux de la Torah et tous les livres sacrés. Le spectacle de cet incendie fut un déchirement pour nous tous.

Nous sommes sortis en toute hâte ; cependant, un objet avait retenu mon attention dans ces ruines fumantes : c’était une ‘Hanoukia. Le commandant ne cessait de crier qu’on devait sortir au plus vite mais je n’ai pas pu abandonner cette ‘Hanoukia. En une seconde, j’ai réussi à la prendre tout en secouant les cendres qui la recouvraient. Depuis, je l’ai portée sur moi en tout endroit durant toute la durée de cette guerre.

C’est sur cette ‘Hanoukia que, chaque année, j’allume mes bougies. Chaque année, je raconte à mes enfants et petits-enfants l’histoire de cette ‘Hanoukia qui est devenue l’emblème de notre famille. Pour nous, c’est le symbole de l’éternité d’Israël et je comprends ce que les Maccabim ont ressenti quand ils ont pu rallumer le chandelier dans le Temple.

Cela fait plus de cinquante ans que je prononce la bénédiction « Chéassa Nissim Laavoténou... » en remerciant D.ieu pour les miracles accordés à nos pères mais aussi pour moi quand j’ai eu la vie sauve tout en trouvant cette ‘Hanoukia.

La guerre que nous menons actuellement nous fait à nouveau vivre des moments très durs mais, avec l’aide de D.ieu, nous parviendrons certainement à surgir des cendres et à avancer vers la lumière. Malgré mon âge (77 ans), je me suis porté volontaire pour récolter tomates, olives et poivrons dans les villages israéliens entourant Gaza et qui ont été si brutalement frappés. Plus encore que l’aide physique que nous apportons, c’est la formidable atmosphère d’entraide et de respect mutuel qui reconstruit notre force ».

Mena’hem Cohen
Si’hat Hachavoua N° 1927
Traduit par Feiga Lubecki

Il s’appelle Morde’haï Maïmone. Originaire de Bucarest (Roumanie), il est monté en Israël avec ses parents à l’âge de deux ans, après la Shoah, à bord du bateau appelé Atsmaout (Indépendance). Au début, la famille fut hébergée comme tant d’autres réfugiés juifs venus d’Europe et d’Afrique du nord dans un village de tentes à Pardess ‘Hanna puis s’installa à Re’hovot. La mère de famille travaillait dans un jardin d’enfants tandis que le père était employé dans un chantier et ne revenait à la maison qu’une fois par semaine. Etant l’aîné, Morde’haï devait aider sa mère à gérer la maison et à surveiller ses frères et sœurs. Il se souvient que la famille ne possédait pas de réfrigérateur et dépendait, pour conserver les aliments, de la glace qu’un camion livrait dans la rue et qu’il fallait découper à la main, ce qui était un travail épuisant et douloureux.

Pendant les vacances, le jeune garçon se consacrait à toutes sortes de petits jobs d’appoint pour subvenir aux besoins de la famille.

Après l’école élémentaire, Morde’haï apprit la menuiserie puis le métier de tailleur de diamants, sans compter des cours de Torah le soir. Son service militaire l’amena jusque dans le Golan et c’est là qu’il acquit des amis solides avec lesquels il est encore en contact.

Quand éclata la guerre le jour de Yom Kippour 1973, il entendit à la radio son ordre de mobilisation avec le mot de passe : « Adama Tova - Bonne Terre ». Immédiatement, il prit congé de sa femme et de ses deux enfants et partit vers le Golan où se déroulaient des combats acharnés contre l’armée syrienne. Avec ses camarades, il arriva au pied du Mont Tel Parass alors que des avions syriens survolaient leurs positions en tentant de les éliminer.

« Un tank ennemi transperça nos positions. Dans le talkie-walkie, mon commandant m’ordonna d’attendre les ordres. Mais je voyais le chauffeur de tank ennemi tenter de tirer dans notre direction. Dans la seconde où son regard se détourna de nous, nous avons sauté de notre véhicule. Le tankiste syrien tira encore et encore et le véhicule que nous venions de quitter prit feu.

Nous avons couru vers le tank ennemi et jeté une grenade à l’intérieur. Le conducteur fut tué et le combat cessa. Nous sommes restés désarmés, sans équipement. Nous sommes allés vérifier le fortin et il y avait effectivement deux de nos soldats qui s’y étaient cachés et que nous avons pu sauver avec nous. De fait, c’était une petite synagogue à laquelle les Syriens avaient mis le feu, avec les rouleaux de la Torah et tous les livres sacrés. Le spectacle de cet incendie fut un déchirement pour nous tous.

Nous sommes sortis en toute hâte ; cependant, un objet avait retenu mon attention dans ces ruines fumantes : c’était une ‘Hanoukia. Le commandant ne cessait de crier qu’on devait sortir au plus vite mais je n’ai pas pu abandonner cette ‘Hanoukia. En une seconde, j’ai réussi à la prendre tout en secouant les cendres qui la recouvraient. Depuis, je l’ai portée sur moi en tout endroit durant toute la durée de cette guerre.

C’est sur cette ‘Hanoukia que, chaque année, j’allume mes bougies. Chaque année, je raconte à mes enfants et petits-enfants l’histoire de cette ‘Hanoukia qui est devenue l’emblème de notre famille. Pour nous, c’est le symbole de l’éternité d’Israël et je comprends ce que les Maccabim ont ressenti quand ils ont pu rallumer le chandelier dans le Temple.

Cela fait plus de cinquante ans que je prononce la bénédiction « Chéassa Nissim Laavoténou... » en remerciant D.ieu pour les miracles accordés à nos pères mais aussi pour moi quand j’ai eu la vie sauve tout en trouvant cette ‘Hanoukia.

La guerre que nous menons actuellement nous fait à nouveau vivre des moments très durs mais, avec l’aide de D.ieu, nous parviendrons certainement à surgir des cendres et à avancer vers la lumière. Malgré mon âge (77 ans), je me suis porté volontaire pour récolter tomates, olives et poivrons dans les villages israéliens entourant Gaza et qui ont été si brutalement frappés. Plus encore que l’aide physique que nous apportons, c’est la formidable atmosphère d’entraide et de respect mutuel qui reconstruit notre force ».

Mena’hem Cohen
Si’hat Hachavoua N° 1927
Traduit par Feiga Lubecki

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