A Tanya in Bangladesh
Mosaic Express | November 26, 2023
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A Tanya in Bangladesh

Mosaic Express | December 31, 2025

LE RECIT DE LA SEMAINE

Une grande enveloppe arriva sur le bureau de cet homme d’affaires au Bengladesh. Le nom de l’expéditeur lui était inconnu. Il ouvrit l’enveloppe et y trouva un livre appelé Tanya. Comme il ne savait pas lire l’hébreu et qu’il n’avait jamais entendu parler de ce livre, il se contenta de le ranger dans un tiroir et oublia son existence.

Ce Juif, Kévin (Akiva) était né en Angleterre et avait été envoyé diriger la succursale de son entreprise dans ce lointain pays asiatique, à majorité musulmane.

Quelques temps plus tard, Kevin se rendit à un congrès international en Allemagne : on y exposait des objets en rapport avec son travail. Chaque pays disposait de maisonnettes pour vanter ses marchandises. Quand Kevin aperçut un des stands réservés au Bengladesh, il fut surpris de voir qu’il était dirigé par un Juif d’apparence pratiquante, avec barbe et kippa. Kevin s’approcha et remarqua :

Je pensais être le seul Juif dans ce pays...

Je vous connais, le coupa son interlocuteur. Vous êtes Kevin Weit, originaire d’Angleterre. C’est moi qui vous ai fait parvenir un Tanya.

Mais qui êtes-vous ? s’étonna Kevin.

Je suis le directeur de ce stand.

Kevin connaissait cette société et savait que les propriétaires étaient musulmans. L’homme précisa qu’il était l’associé du directeur. Celui-ci apparut alors et l’homme barbu le héla :

Savais-tu que cet homme est juif lui aussi ?

Kevin avait l’impression de vivre une scène complètement surréaliste. Cela faisait des années qu’il essayait de cacher son identité religieuse et voilà que cet homme en parlait sans complexes ! Qui sait combien de problèmes cette révélation allait lui causer dans un pays musulman ?

Les deux hommes devinrent de bons amis. Le barbu était Loubavitch et s’appelait Max Cohen. Depuis de longues années, il traitait des affaires dans ce pays et avait même une fois rempli une mission incroyable pour le Rabbi de Loubavitch.

Plusieurs mois passèrent. Un matin, Kevin entra dans son bureau et comprit que la situation avait changé. La compagnie pour laquelle il travaillait avait fait faillite mais les dirigeants ne l’en avaient pas informé – ce qui aurait pu lui permettre de sortir à temps du pays. En effet, les nombreux ouvriers n’avaient pas été payés et s’étaient maintenant engouffrés dans les luxueux bureaux : ils décidèrent de prendre Kevin comme otage jusqu’à ce qu’ils reçoivent leurs salaires. Hébété, Kevin comprenait que ses proches collaborateurs en qui il avait toute confiance le traitaient maintenant de haut et qu’ils se serviraient de lui comme monnaie d’échange – au risque de le voir perdre la vie.

L’heure était grave : les entreprises avec lesquelles il traitait s’apercevraient de la faillite et émettraient un avis pour l’empêcher de sortir du pays. Le processus d’indemnisation risquait de durer des mois, sinon des années et, durant tout ce temps, il ne pourrait pas s’enfuir. De plus, sa tête était certainement mise à prix par la mafia locale et tout pouvait arriver. Les indemnités réclamées par les ouvriers étaient énormes mais, en contactant quelques amis et quelques banquiers, Kevin pourrait peut-être réunir la somme. Malheureusement ses efforts furent vains.

Kevin se souvint alors de l’associé musulman de Max Cohen et décida de lui téléphoner – bien qu’il ne le connaisse que très vaguement

Je vous envoie immédiatement tout l’argent dont vous avez besoin, promit cet homme. Mon chauffeur va vous aider à parvenir chez vous pour prendre vos affaires et vous amènera à l’aéroport. Il vous aidera à monter dans le premier avion qui quittera le pays !

Cette aventure s’avéra très périlleuse et risquée. L’ami musulman dut investir du temps, de l’argent et beaucoup d’efforts pour satisfaire les exigences des ouvriers, obtenir un billet d’avion et exfiltrer Kevin du Bengladesh. Pourtant, il ne le connaissait pratiquement pas et n’avait aucune assurance que celui qui n’était après tout qu’un employé d’une entreprise en faillite pourrait un jour le rembourser.

J’ai sauvé ton ami juif, annonça l’associé à Max Cohen.

Auparavant, Kevin n’avait pas apprécié que Max Cohen informe ainsi d’autres gens du fait qu’il était juif mais finalement, c’était justement cela qui lui avait valu la vie sauve.

« Le Rabbi de Loubavitch avait demandé qu’on imprime le Tanya en tout pays où vivent des Juifs, expliqua par la suite Max Cohen. Après chaque nouvelle impression de ce livre, les Juifs locaux se rassemblent autour de l’imprimerie ambulante et étudient quelques lignes de cet ouvrage fondamental de la ‘Hassidout dans les nouveaux exemplaires. Quand j’ai fait imprimer le Tanya au Bengladesh, je n’ai pas eu le temps de trouver des Juifs sur place. J’avais entendu parler de Kevin et je lui ai donc envoyé un livre de Tanya qu’il a gardé dans son bureau sans trop savoir de quoi il s’agissait mais c’est bien le Tanya qui lui a sauvé la vie.

Actuellement, Kevin s’est installé à Shanghai et s’occupe du Beth Habad local. C’est lui-même qui a raconté son histoire lors d’une fête organisée sur place.

Rav Chalom Greenberg – Shanghai
Si’hat Hachavoua 1913
Traduit par Feiga Lubecki

LE RECIT DE LA SEMAINE

Une grande enveloppe arriva sur le bureau de cet homme d’affaires au Bengladesh. Le nom de l’expéditeur lui était inconnu. Il ouvrit l’enveloppe et y trouva un livre appelé Tanya. Comme il ne savait pas lire l’hébreu et qu’il n’avait jamais entendu parler de ce livre, il se contenta de le ranger dans un tiroir et oublia son existence.

Ce Juif, Kévin (Akiva) était né en Angleterre et avait été envoyé diriger la succursale de son entreprise dans ce lointain pays asiatique, à majorité musulmane.

Quelques temps plus tard, Kevin se rendit à un congrès international en Allemagne : on y exposait des objets en rapport avec son travail. Chaque pays disposait de maisonnettes pour vanter ses marchandises. Quand Kevin aperçut un des stands réservés au Bengladesh, il fut surpris de voir qu’il était dirigé par un Juif d’apparence pratiquante, avec barbe et kippa. Kevin s’approcha et remarqua :

Je pensais être le seul Juif dans ce pays...

Je vous connais, le coupa son interlocuteur. Vous êtes Kevin Weit, originaire d’Angleterre. C’est moi qui vous ai fait parvenir un Tanya.

Mais qui êtes-vous ? s’étonna Kevin.

Je suis le directeur de ce stand.

Kevin connaissait cette société et savait que les propriétaires étaient musulmans. L’homme précisa qu’il était l’associé du directeur. Celui-ci apparut alors et l’homme barbu le héla :

Savais-tu que cet homme est juif lui aussi ?

Kevin avait l’impression de vivre une scène complètement surréaliste. Cela faisait des années qu’il essayait de cacher son identité religieuse et voilà que cet homme en parlait sans complexes ! Qui sait combien de problèmes cette révélation allait lui causer dans un pays musulman ?

Les deux hommes devinrent de bons amis. Le barbu était Loubavitch et s’appelait Max Cohen. Depuis de longues années, il traitait des affaires dans ce pays et avait même une fois rempli une mission incroyable pour le Rabbi de Loubavitch.

Plusieurs mois passèrent. Un matin, Kevin entra dans son bureau et comprit que la situation avait changé. La compagnie pour laquelle il travaillait avait fait faillite mais les dirigeants ne l’en avaient pas informé – ce qui aurait pu lui permettre de sortir à temps du pays. En effet, les nombreux ouvriers n’avaient pas été payés et s’étaient maintenant engouffrés dans les luxueux bureaux : ils décidèrent de prendre Kevin comme otage jusqu’à ce qu’ils reçoivent leurs salaires. Hébété, Kevin comprenait que ses proches collaborateurs en qui il avait toute confiance le traitaient maintenant de haut et qu’ils se serviraient de lui comme monnaie d’échange – au risque de le voir perdre la vie.

L’heure était grave : les entreprises avec lesquelles il traitait s’apercevraient de la faillite et émettraient un avis pour l’empêcher de sortir du pays. Le processus d’indemnisation risquait de durer des mois, sinon des années et, durant tout ce temps, il ne pourrait pas s’enfuir. De plus, sa tête était certainement mise à prix par la mafia locale et tout pouvait arriver. Les indemnités réclamées par les ouvriers étaient énormes mais, en contactant quelques amis et quelques banquiers, Kevin pourrait peut-être réunir la somme. Malheureusement ses efforts furent vains.

Kevin se souvint alors de l’associé musulman de Max Cohen et décida de lui téléphoner – bien qu’il ne le connaisse que très vaguement

Je vous envoie immédiatement tout l’argent dont vous avez besoin, promit cet homme. Mon chauffeur va vous aider à parvenir chez vous pour prendre vos affaires et vous amènera à l’aéroport. Il vous aidera à monter dans le premier avion qui quittera le pays !

Cette aventure s’avéra très périlleuse et risquée. L’ami musulman dut investir du temps, de l’argent et beaucoup d’efforts pour satisfaire les exigences des ouvriers, obtenir un billet d’avion et exfiltrer Kevin du Bengladesh. Pourtant, il ne le connaissait pratiquement pas et n’avait aucune assurance que celui qui n’était après tout qu’un employé d’une entreprise en faillite pourrait un jour le rembourser.

J’ai sauvé ton ami juif, annonça l’associé à Max Cohen.

Auparavant, Kevin n’avait pas apprécié que Max Cohen informe ainsi d’autres gens du fait qu’il était juif mais finalement, c’était justement cela qui lui avait valu la vie sauve.

« Le Rabbi de Loubavitch avait demandé qu’on imprime le Tanya en tout pays où vivent des Juifs, expliqua par la suite Max Cohen. Après chaque nouvelle impression de ce livre, les Juifs locaux se rassemblent autour de l’imprimerie ambulante et étudient quelques lignes de cet ouvrage fondamental de la ‘Hassidout dans les nouveaux exemplaires. Quand j’ai fait imprimer le Tanya au Bengladesh, je n’ai pas eu le temps de trouver des Juifs sur place. J’avais entendu parler de Kevin et je lui ai donc envoyé un livre de Tanya qu’il a gardé dans son bureau sans trop savoir de quoi il s’agissait mais c’est bien le Tanya qui lui a sauvé la vie.

Actuellement, Kevin s’est installé à Shanghai et s’occupe du Beth Habad local. C’est lui-même qui a raconté son histoire lors d’une fête organisée sur place.

Rav Chalom Greenberg – Shanghai
Si’hat Hachavoua 1913
Traduit par Feiga Lubecki

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