Le Récit de la Semaine
Mosaic Express | December 06, 2024
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Le Récit de la Semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

En quelques secondes, la vie d’Ayala a basculé pour toujours. Elle habitait avec son mari, son bébé et sa belle-mère dans le Kibboutz Béeri. Le 7 octobre au matin, les terroristes envahirent sa maison, tuèrent son mari et sa belle-mère. Ayala courut, saisit son bébé mais, tandis qu’elle courait, les terroristes la poursuivirent en lui tirant dessus. Son bébé de cinq mois mourut dans ses bras et elle-même fut blessée.

Après cette tragédie, Ayala dut déménager chez sa mère avec ses deux enfants qui avaient survécu au massacre ; elle tenta de recoller les morceaux de sa vie brisée. Le mouvement Loubavitch mit tout en œuvre pour l’aider et, quand elle put emménager dans un nouvel appartement, nous l’avons aidée et lui avons fourni les meubles dont elle avait besoin.

- J’ai aussi une Mezouza pour vous, lui rappelai-je.
- Oh, ce n’est pas nécessaire, répondit-elle distraitement. Nous n’en avions pas au Kibboutz, donc je ne vois pas pourquoi j’en aurais besoin maintenant.

Je n’ai pas voulu insister alors qu’elle était si perturbée mais lui ai rappelé qu’elle pouvait toujours me téléphoner si elle changeait d’avis. Il est écrit dans les textes sacrés que la Mezouza protège la maison et ses habitants même quand ils ne se trouvent pas à l’intérieur ; cependant, je n’ai pas voulu la brusquer alors qu’elle avait été tellement éprouvée.

Quelques semaines plus tard, Ayala m’appela :
- J’entre aujourd’hui dans mon nouvel appartement, une de mes amies est venue m’aider. Quand nous avons terminé d’arranger tous les meubles, elle a bien regardé tout autour et a conclu : il te manque quelque chose. Je me demandai de quoi elle parlait et elle m’a répondu : une Mezouza ! Au fait, j’en ai une ici, je te la donne !
Monsieur le rabbin, je sais qu’on est vendredi et que vous êtes très occupé mais vous aurez peut-être le temps de passer et de m’aider à la fixer à la porte ?
- Bien sûr ! ai-je répondu, trop heureux de pouvoir enfin remplir cette mission. J’arrive !

Quand j’arrivai dans son nouvel appartement, elle me montra avec fierté la Mezouza que son amie lui avait donnée.
- N’est-ce pas qu’elle est magnifique ? s’enthousiasma-t-elle.
- Effectivement, c’est un très bel étui, vraiment une œuvre d’art ! Voyons ce qui en est du parchemin...

Comme je m’y attendais hélas, je constatai qu’il ne s’agissait que d’un étui, superbe il est vrai mais vide...
- Il manque la partie la plus importante, déclarai-je de façon aussi diplomatique que possible. Vous savez, Ayala, une Mezouza consiste en un étui (tout simple ou plus artistique) et surtout, un parchemin où sont écrits à la main, par un Sofer (scribe), les versets du Chema Israël. J’en ai apporté un justement ; nous allons le rouler puis l’introduire dans ce très bel étui et clouer le tout sur le linteau de votre porte.

Ayala et son amie n’avaient jamais entendu parler de ce « détail » et acceptèrent volontiers de donner le dernier coup de marteau en fixant la Mezouza à la porte.

Quelques jours plus tard, Ayala me téléphona :
- Monsieur le rabbin, je ne comprends plus rien ! Depuis le 7 octobre, je n’ai plus réussi à dormir correctement. Les cauchemars se succèdent et je me réveille plusieurs fois par nuit en hurlant et pleurant. La nuit où vous avez fixé la Mezouza à la porte est la première où j’ai réussi à dormir paisiblement. Pour la première fois, je ressens que j’ai la force de continuer et de repartir dans la vie !
- Ce n’est pas moi ! répondis-je tout aussi surpris et heureux. C’est D.ieu qui est avec vous, qui vous protège et vous a sauvée. Certainement, Il va continuer à vous aider à passer cette terrible épreuve et vous réservera encore des joies. Quoi qu’il se passe, sachez que D.ieu est avec vous !

Rav Mena’hem Kutner
Traduit par Feiga Lubecki

En quelques secondes, la vie d’Ayala a basculé pour toujours. Elle habitait avec son mari, son bébé et sa belle-mère dans le Kibboutz Béeri. Le 7 octobre au matin, les terroristes envahirent sa maison, tuèrent son mari et sa belle-mère. Ayala courut, saisit son bébé mais, tandis qu’elle courait, les terroristes la poursuivirent en lui tirant dessus. Son bébé de cinq mois mourut dans ses bras et elle-même fut blessée.

Après cette tragédie, Ayala dut déménager chez sa mère avec ses deux enfants qui avaient survécu au massacre ; elle tenta de recoller les morceaux de sa vie brisée. Le mouvement Loubavitch mit tout en œuvre pour l’aider et, quand elle put emménager dans un nouvel appartement, nous l’avons aidée et lui avons fourni les meubles dont elle avait besoin.

- J’ai aussi une Mezouza pour vous, lui rappelai-je.
- Oh, ce n’est pas nécessaire, répondit-elle distraitement. Nous n’en avions pas au Kibboutz, donc je ne vois pas pourquoi j’en aurais besoin maintenant.

Je n’ai pas voulu insister alors qu’elle était si perturbée mais lui ai rappelé qu’elle pouvait toujours me téléphoner si elle changeait d’avis. Il est écrit dans les textes sacrés que la Mezouza protège la maison et ses habitants même quand ils ne se trouvent pas à l’intérieur ; cependant, je n’ai pas voulu la brusquer alors qu’elle avait été tellement éprouvée.

Quelques semaines plus tard, Ayala m’appela :
- J’entre aujourd’hui dans mon nouvel appartement, une de mes amies est venue m’aider. Quand nous avons terminé d’arranger tous les meubles, elle a bien regardé tout autour et a conclu : il te manque quelque chose. Je me demandai de quoi elle parlait et elle m’a répondu : une Mezouza ! Au fait, j’en ai une ici, je te la donne !
Monsieur le rabbin, je sais qu’on est vendredi et que vous êtes très occupé mais vous aurez peut-être le temps de passer et de m’aider à la fixer à la porte ?
- Bien sûr ! ai-je répondu, trop heureux de pouvoir enfin remplir cette mission. J’arrive !

Quand j’arrivai dans son nouvel appartement, elle me montra avec fierté la Mezouza que son amie lui avait donnée.
- N’est-ce pas qu’elle est magnifique ? s’enthousiasma-t-elle.
- Effectivement, c’est un très bel étui, vraiment une œuvre d’art ! Voyons ce qui en est du parchemin...

Comme je m’y attendais hélas, je constatai qu’il ne s’agissait que d’un étui, superbe il est vrai mais vide...
- Il manque la partie la plus importante, déclarai-je de façon aussi diplomatique que possible. Vous savez, Ayala, une Mezouza consiste en un étui (tout simple ou plus artistique) et surtout, un parchemin où sont écrits à la main, par un Sofer (scribe), les versets du Chema Israël. J’en ai apporté un justement ; nous allons le rouler puis l’introduire dans ce très bel étui et clouer le tout sur le linteau de votre porte.

Ayala et son amie n’avaient jamais entendu parler de ce « détail » et acceptèrent volontiers de donner le dernier coup de marteau en fixant la Mezouza à la porte.

Quelques jours plus tard, Ayala me téléphona :
- Monsieur le rabbin, je ne comprends plus rien ! Depuis le 7 octobre, je n’ai plus réussi à dormir correctement. Les cauchemars se succèdent et je me réveille plusieurs fois par nuit en hurlant et pleurant. La nuit où vous avez fixé la Mezouza à la porte est la première où j’ai réussi à dormir paisiblement. Pour la première fois, je ressens que j’ai la force de continuer et de repartir dans la vie !
- Ce n’est pas moi ! répondis-je tout aussi surpris et heureux. C’est D.ieu qui est avec vous, qui vous protège et vous a sauvée. Certainement, Il va continuer à vous aider à passer cette terrible épreuve et vous réservera encore des joies. Quoi qu’il se passe, sachez que D.ieu est avec vous !

Rav Mena’hem Kutner
Traduit par Feiga Lubecki

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