Vivre Avec La Paracha Vayele’h
Mosaic Express | September 26, 2025
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Vivre Avec La Paracha Vayele’h

Mosaic Express | December 10, 2025

VAYELE’H

Voici ce que Maïmonide écrivit à son traducteur, Rabbi Shmouel ibn Tibbon, il y a huit siècles : « Si l’on veut traduire d’une langue à l’autre en rendant chaque mot littéralement et en respectant l’ordre original des mots et des phrases... on se retrouve avec une traduction difficile et déroutante. Au lieu de cela, le traducteur doit en premier lieu s’efforcer de saisir le sens du sujet et ensuite seulement d’en expliquer le thème dans l’autre langue, selon sa compréhension... »

Ceci constitue la base de toute entreprise de traduction. Le traducteur se trouve toutefois confronté à un dilemme : jusqu’où peut-il aller ? Chaque traducteur est en effet aux prises avec deux objectifs contradictoires : celui de transmettre fidèlement le contenu d’origine, et celui de le rendre non seulement compréhensible à son public cible, mais également intéressant et aussi « naturel » que possible dans son habillage étranger.

Ce dilemme est d’autant plus aigu quand il s’agit de transmettre les enseignements de la Torah à un public dont le principal point de référence est la laïcité occidentale. Ici le traducteur ou « adaptateur » tente de relier deux mondes qui diffèrent par bien plus que la langue et le style : ces deux mondes se distinguent par leur conception même du discours et de l’articulation intellectuels.

Un exemple parmi d’autres : l’esprit occidental moderne ne reconnaît pas d’idées sacrées ou d’axiomes inviolables. S’agissant de communiquer une pensée, il n’y a pas de plus grand péché que de « se prendre trop au sérieux », d’être « dogmatique » et de ne pas offrir une « vision équilibrée ». Et surtout, il ne faut en aucun cas être trop sûr : soyez décontracté, faites de temps à autre un clin d’œil à l’auditoire, comme pour dire : « Les amis, je vous enseigne peut-être quelque chose, mais n’allez pas penser que je suis un pompeux je-sais-tout. Nous sommes juste en train d’échanger quelques idées. »

La Torah, en revanche, entreprend sans vergogne d’informer et d’instruire son élève. En tant que plan de D.ieu pour l’existence, elle est dénuée d’autodérision et d’ambivalence morale. Elle présume que vous la prenez au sérieux, et s’emploie à vous dire la façon dont les choses sont et la façon dont elles devraient être. Et, oui, elle considère avec révérence les vérités qu’elle véhicule.

Dans ces conditions, comment le traducteur/adaptateur doit-il procéder ? Il a le choix entre deux approches. Il peut décider de limiter son altération du texte ou de l’idée d’origine à sa reformulation dans la nouvelle langue, tout en préservant le style et l’approche de la Torah. Et si l’esprit occidental jugera le texte « religieux », « archaïque » et « fermé d’esprit », qu’il en soit ainsi. En fin de compte (si vous réussissez à trouver quelqu’un qui accepte de le lire), son contenu éternel prévaudra sur les préjugés du lecteur.

Ou bien, le traducteur peut adopter, dans une certaine mesure, le ton de l’écriture moderne. Il peut tenter de véritablement traduire : « de saisir le sens du sujet et ensuite seulement d’en expliquer le thème dans l’autre langue, selon sa compréhension », pas seulement dans ce que le dictionnaire entend par « langue », mais aussi dans le sens de l’esprit et de la culture liés à cette langue.

Mais a-t-il seulement le choix ? La Torah permet-elle d’articuler ses enseignements d’une telle manière ? Le Rabbi de Loubavitch répond à cette question en trouvant un précédent dans la Torah.

Dans le chapitre 31 du Deutéronome, la Torah relate de quelle manière Moïse mit le ‘Houmach tout entier (les « Cinq Livres de Moïse ») par écrit le dernier jour de sa vie. Il ordonna ensuite aux lévites : « Prenez ce rouleau de la Torah, et placez-le au côté de l’Arche de l’alliance de l’Éternel ton D.ieu, et il sera là comme témoin pour vous. »

Rachi dans son commentaire sur le verset, écrit : « Nos sages ont débattu dans [le traité talmudique] Bava Batra au sujet de ce rouleau de la Torah. Certains disent qu’une étagère dépassait à l’extérieur de l’arche, sur laquelle reposait le rouleau. D’autres disent qu’il était placé au côté des Deux Tables [sur lesquelles sont gravés les Dix Commandements], à l’intérieur de l’Arche. »

Chaque chose dans la Torah est une leçon de vie, éternellement et universellement pertinente. Quel est donc, demande le Rabbi, le sens profond de ce débat ?

Nos Sages nous disent que la Torah tout entière est contenue dans les Dix Commandements qui nous furent donnés au Sinaï et inscrits par D.ieu sur les deux Tables de l’Alliance. Au cours des 38 années qui suivirent, alors que les Israélites erraient dans le désert, Moïse leur apprit les détails de la Torah, qu’il consigna également, sous la dictée divine, dans le ‘Houmach.

En d’autres termes, le ‘Houmach est la première « traduction » de la Torah, sa première reformulation en des termes compréhensibles par son public cible. Moïse avait vu la totalité de la communication de D.ieu à l’humanité contenue...

VAYELE’H

Voici ce que Maïmonide écrivit à son traducteur, Rabbi Shmouel ibn Tibbon, il y a huit siècles : « Si l’on veut traduire d’une langue à l’autre en rendant chaque mot littéralement et en respectant l’ordre original des mots et des phrases... on se retrouve avec une traduction difficile et déroutante. Au lieu de cela, le traducteur doit en premier lieu s’efforcer de saisir le sens du sujet et ensuite seulement d’en expliquer le thème dans l’autre langue, selon sa compréhension... »

Ceci constitue la base de toute entreprise de traduction. Le traducteur se trouve toutefois confronté à un dilemme : jusqu’où peut-il aller ? Chaque traducteur est en effet aux prises avec deux objectifs contradictoires : celui de transmettre fidèlement le contenu d’origine, et celui de le rendre non seulement compréhensible à son public cible, mais également intéressant et aussi « naturel » que possible dans son habillage étranger.

Ce dilemme est d’autant plus aigu quand il s’agit de transmettre les enseignements de la Torah à un public dont le principal point de référence est la laïcité occidentale. Ici le traducteur ou « adaptateur » tente de relier deux mondes qui diffèrent par bien plus que la langue et le style : ces deux mondes se distinguent par leur conception même du discours et de l’articulation intellectuels.

Un exemple parmi d’autres : l’esprit occidental moderne ne reconnaît pas d’idées sacrées ou d’axiomes inviolables. S’agissant de communiquer une pensée, il n’y a pas de plus grand péché que de « se prendre trop au sérieux », d’être « dogmatique » et de ne pas offrir une « vision équilibrée ». Et surtout, il ne faut en aucun cas être trop sûr : soyez décontracté, faites de temps à autre un clin d’œil à l’auditoire, comme pour dire : « Les amis, je vous enseigne peut-être quelque chose, mais n’allez pas penser que je suis un pompeux je-sais-tout. Nous sommes juste en train d’échanger quelques idées. »

La Torah, en revanche, entreprend sans vergogne d’informer et d’instruire son élève. En tant que plan de D.ieu pour l’existence, elle est dénuée d’autodérision et d’ambivalence morale. Elle présume que vous la prenez au sérieux, et s’emploie à vous dire la façon dont les choses sont et la façon dont elles devraient être. Et, oui, elle considère avec révérence les vérités qu’elle véhicule.

Dans ces conditions, comment le traducteur/adaptateur doit-il procéder ? Il a le choix entre deux approches. Il peut décider de limiter son altération du texte ou de l’idée d’origine à sa reformulation dans la nouvelle langue, tout en préservant le style et l’approche de la Torah. Et si l’esprit occidental jugera le texte « religieux », « archaïque » et « fermé d’esprit », qu’il en soit ainsi. En fin de compte (si vous réussissez à trouver quelqu’un qui accepte de le lire), son contenu éternel prévaudra sur les préjugés du lecteur.

Ou bien, le traducteur peut adopter, dans une certaine mesure, le ton de l’écriture moderne. Il peut tenter de véritablement traduire : « de saisir le sens du sujet et ensuite seulement d’en expliquer le thème dans l’autre langue, selon sa compréhension », pas seulement dans ce que le dictionnaire entend par « langue », mais aussi dans le sens de l’esprit et de la culture liés à cette langue.

Mais a-t-il seulement le choix ? La Torah permet-elle d’articuler ses enseignements d’une telle manière ? Le Rabbi de Loubavitch répond à cette question en trouvant un précédent dans la Torah.

Dans le chapitre 31 du Deutéronome, la Torah relate de quelle manière Moïse mit le ‘Houmach tout entier (les « Cinq Livres de Moïse ») par écrit le dernier jour de sa vie. Il ordonna ensuite aux lévites : « Prenez ce rouleau de la Torah, et placez-le au côté de l’Arche de l’alliance de l’Éternel ton D.ieu, et il sera là comme témoin pour vous. »

Rachi dans son commentaire sur le verset, écrit : « Nos sages ont débattu dans [le traité talmudique] Bava Batra au sujet de ce rouleau de la Torah. Certains disent qu’une étagère dépassait à l’extérieur de l’arche, sur laquelle reposait le rouleau. D’autres disent qu’il était placé au côté des Deux Tables [sur lesquelles sont gravés les Dix Commandements], à l’intérieur de l’Arche. »

Chaque chose dans la Torah est une leçon de vie, éternellement et universellement pertinente. Quel est donc, demande le Rabbi, le sens profond de ce débat ?

Nos Sages nous disent que la Torah tout entière est contenue dans les Dix Commandements qui nous furent donnés au Sinaï et inscrits par D.ieu sur les deux Tables de l’Alliance. Au cours des 38 années qui suivirent, alors que les Israélites erraient dans le désert, Moïse leur apprit les détails de la Torah, qu’il consigna également, sous la dictée divine, dans le ‘Houmach.

En d’autres termes, le ‘Houmach est la première « traduction » de la Torah, sa première reformulation en des termes compréhensibles par son public cible. Moïse avait vu la totalité de la communication de D.ieu à l’humanité contenue...

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