Nous sommes entrés dans ‘Hanouccah, l’océan de lumière, depuis, à présent, une semaine et son courant nous entraîne encore. Pourtant, la tragédie en Australie a tout bousculé, touchant chacun, rappelant comme tout est fragile. Il est bien clair qu’un tel événement est bouleversant, d’abord pour ceux qui l’ont vécu, souvent dans leur chair. Et personne ne peut laisser s’effacer de sa mémoire ceux qui sont, hélas, tombés alors sous les coups de la barbarie humaine. Le bouleversement ainsi suscité est tout aussi intérieur car il soulève de nombreuses interrogations. Comment réagir ? Faudrait-il donc se réfugier dans sa maison, se dire que les rues, le monde ont cessé d’être sûrs et que vivre, même des jours festifs comme ‘Hanouccah, est devenu presque impossible ? Une telle attitude ne serait pas seulement destructrice, elle est surtout opposée à toute la tradition juive et aux valeurs du judaïsme.
C’est en de tels moments qu’il faut rappeler le message qui traverse toute l’histoire juive : la lumière est toujours plus forte que l’obscurité. De fait, parfois les ombres semblent monter et leur profondeur est de nature à jeter l’effroi. Mais alors on se souvient de ce principe éternel et tout change. Quelle que soit la puissance de l’obscurité, un simple filet de clarté suffit à la dissiper. En d’autres termes, aucune obscurité ne peut faire reculer la lumière, et cette leçon est particulièrement d’actualité lorsque revient la fête de ‘Hanouccah avec ses lumières croissantes de jour en jour.
Certains penseront peut-être que cela est vrai en théorie ou mieux, en vision spirituelle, mais que cela reste à démontrer dans la réalité matérielle, comme la tragédie en Australie en apporte une terrible illustration. Il faut donc le savoir et le dire avec force : c’est d’abord en nous-mêmes que ce combat se mène et se remporte.
Ne laissons pas l’obscurité vaincre et nous obscurcir l’esprit ou le cœur. Ne la laissons pas modeler la réalité à son image. Faisons ensemble du monde un endroit meilleur, où il fasse bon vivre pour tous. Cette semaine arrive le 5 Tévèt, l’anniversaire de ce qu’on appelle la « victoire des livres », une date importante dans le calendrier Loubavitch, quand des livres saints dérobés retrouvèrent leur place légitime dans la bibliothèque du Rabbi, au service de tous. Célébrer la victoire du bien est toujours une affaire de lumière. Elle nous donne la force de ne pas renoncer et de poursuivre l’œuvre entreprise jusqu’à son triomphe.