Le recit de la semaine
Mosaic Express | January 03, 2025
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Le recit de la semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

On sait que, pour les grandes personnalités, on apprend souvent des anecdotes inconnues jusqu’alors au moment des « Chiva », les sept jours de deuil durant lesquels les proches et les amis viennent consoler les endeuillés et partager avec eux leurs souvenirs du défunt.

Tel a été le cas quand nous avons observé les Chiva après le décès de notre père, Rav Moché Kotlarsky qui a dirigé pendant des dizaines d’années l’ensemble des Chlou’him (émissaires du Rabbi) dispersés dans le monde entier pour répandre les messages de la Torah aux Juifs - où qu’ils se trouvent. Pour cela, il voyageait beaucoup. Mais le temps passé dans les avions, aéroports ou trains ne lui faisait pas oublier un instant sa mission, son but dans la vie et son dévouement absolu au Rabbi. Voici ce que nous a raconté Rav Zalman Korpf qui s’est souvent rendu en Amérique du sud dans les années 80.

« Je crois que c’était en 1985. Je me trouvais alors en Uruguay où j’avais organisé des centres aérés pour enfants juifs pendant les vacances d’été. Après cela, j’avais veillé, en compagnie d’un autre jeune Chalia’h, à garder le contact avec les enfants et leurs parents : ainsi je pourrais les inscrire pour d’autres activités éducatives. Lors de ces visites, je proposai aux pères et grands frères de mettre les Téfilines, je distribuai des bougies de Chabbat aux mamans et aux sœurs.

Un soir, je suis arrivé devant une grande villa, avec une très belle Mezouza à la porte. Mais quand j’ai proposé de la vérifier, il s’est avéré que cet étui si artistique était... vide. Intrigué, j’ai demandé où était le parchemin et on m’a répondu - comme vous l’avez sans doute entendu tant de fois : « Je n’ai pas compris le mode d’emploi, ce papier ne m’intéressait pas et je l’ai jeté... ». Heureusement, nous avions un parchemin cachère que nous avons introduit dans ce bel étui maintenant enfin effectif.

A la fin de la visite, l’homme a sorti de sa poche une photo du Rabbi et nous a demandé si nous le connaissions. Bien sûr, nous avons répondu qu’il s’agissait du Rabbi et que nous étions justement ses émissaires. Satisfait, l’homme tint à nous raconter son histoire. Pendant de nombreuses années, lui et sa femme n’avaient pas eu d’enfants puis mirent enfin au monde une fille il y a quelques années. Mais lors du premier examen médical du nouveau-né, on détecta une malformation : jamais l’enfant ne pourrait voir !

Bien entendu, les parents affolés décidèrent de consulter de plus grands spécialistes, en particulier aux États-Unis. Leur voyage se passa en plusieurs étapes en Amérique du sud comme il était courant à l’époque. Lors d’un de ces voyages, mon père Rav Moché Kotlarsky monta lui aussi dans l’avion et, comme à son habitude, se mit à parler avec les autres passagers. Quand il aborda ce couple venu d’Uruguay, ceux-ci l’informèrent qu’ils étaient eux aussi juifs mais l’homme refusa de mettre les Téfilines, prétextant qu’il ne croyait pas à tout cela. Mon père, Rav Moché continua néanmoins à discuter avec eux, leur demandant quel était le but de leur voyage. Ils racontèrent qu’ils allaient consulter de grands spécialistes et mon père leur conseilla d’aller demander une bénédiction au Rabbi. Une fois de plus, ils déclinèrent poliment sa proposition car « ils ne croyaient pas dans tout cela ». Mon père insista cependant et leur demanda d’écrire au moins une lettre au Rabbi, en leur expliquant comment écrire. Ils écrivirent effectivement une lettre en espagnol, ajoutant leur adresse en haut à gauche de la feuille.

La suite de leur voyage aux États-Unis fut décevante, tous les spécialistes ne purent que confirmer le premier diagnostic : l’enfant ne verrait jamais.

A leur retour en Uruguay, ils trouvèrent évidemment une pile de courrier qui les attendait, pour l’essentiel des factures... Mais une enveloppe attira particulièrement leur attention ; elle contenait une lettre écrite en hébreu, langue qu’ils ne connaissaient pas. Ils apportèrent la lettre à un rabbin libéral de leur quartier pour qu’il la traduise. Il y jeta un coup d’œil, expliqua que c’était des bêtises et jeta la lettre dans la corbeille à papier. Mais le père n’accepta pas cette réponse : indigné, il récupéra la lettre et rappela au rabbin qu’il n’était pas venu lui demander son opinion mais juste une traduction.

Ils se dirigèrent alors vers la demeure d’un rabbin orthodoxe, Rav Berman qui lut la lettre avec attention et émotion : le Rabbi écrivait que si, dans la famille, on allumait les bougies de Chabbat, D.ieu bénirait la maison et la fillette pourrait voir. Rav Berman expliqua comment allumer, les parents rentrèrent chez eux et, le lendemain, déçus, retournèrent chez Rav Berman : la maman avait effectivement allumé des bougies mais rien ne s’était passé...

Il s’avéra que leur excitation avait été si grande qu’ils n’avaient pas compris qu’il fallait attendre le vendredi pour accueillir le Chabbat ! Patient, Rav Berman leur donna deux autres bougies et leur demanda d’attendre vendredi en fin d’après-midi - et non mercredi. Soulagés, les parents promirent de revenir dimanche raconter ce qui se serait passé. Effectivement, dimanche ils racontèrent que la petite fille avait allumé les bougies et, immédiatement après, elle s’était tournée vers son père et avait demandé : Papa ! C’est quoi ce truc qui bouge ? C’était la première fois qu’elle distinguait la lumière ! Les parents ne parvenaient pas à croire dans le miracle qui se déroulait devant leurs yeux ! Leur petite fille voyait !!!

Bien entendu, elle a continué d’allumer les bougies tous les vendredis. Très ému, le père conclut devant les jeunes gens stupéfaits : ma fille que vous avez connue dans le centre aéré que vous avez organisé, c’est elle qui voit grâce à la bénédiction du Rabbi mais aussi grâce à l’insistance de Rav Kotlarsky ! Bien que j’aie refusé de mettre les Téfilines quand il me l’avait si gentiment proposé dans l’avion, il a continué à s’intéresser à nous et nous a aidés par ses conseils - car c’est cela que le Rabbi voulait de lui - et d’ailleurs de tout Juif ! ».

On sait que, pour les grandes personnalités, on apprend souvent des anecdotes inconnues jusqu’alors au moment des « Chiva », les sept jours de deuil durant lesquels les proches et les amis viennent consoler les endeuillés et partager avec eux leurs souvenirs du défunt.

Tel a été le cas quand nous avons observé les Chiva après le décès de notre père, Rav Moché Kotlarsky qui a dirigé pendant des dizaines d’années l’ensemble des Chlou’him (émissaires du Rabbi) dispersés dans le monde entier pour répandre les messages de la Torah aux Juifs - où qu’ils se trouvent. Pour cela, il voyageait beaucoup. Mais le temps passé dans les avions, aéroports ou trains ne lui faisait pas oublier un instant sa mission, son but dans la vie et son dévouement absolu au Rabbi. Voici ce que nous a raconté Rav Zalman Korpf qui s’est souvent rendu en Amérique du sud dans les années 80.

« Je crois que c’était en 1985. Je me trouvais alors en Uruguay où j’avais organisé des centres aérés pour enfants juifs pendant les vacances d’été. Après cela, j’avais veillé, en compagnie d’un autre jeune Chalia’h, à garder le contact avec les enfants et leurs parents : ainsi je pourrais les inscrire pour d’autres activités éducatives. Lors de ces visites, je proposai aux pères et grands frères de mettre les Téfilines, je distribuai des bougies de Chabbat aux mamans et aux sœurs.

Un soir, je suis arrivé devant une grande villa, avec une très belle Mezouza à la porte. Mais quand j’ai proposé de la vérifier, il s’est avéré que cet étui si artistique était... vide. Intrigué, j’ai demandé où était le parchemin et on m’a répondu - comme vous l’avez sans doute entendu tant de fois : « Je n’ai pas compris le mode d’emploi, ce papier ne m’intéressait pas et je l’ai jeté... ». Heureusement, nous avions un parchemin cachère que nous avons introduit dans ce bel étui maintenant enfin effectif.

A la fin de la visite, l’homme a sorti de sa poche une photo du Rabbi et nous a demandé si nous le connaissions. Bien sûr, nous avons répondu qu’il s’agissait du Rabbi et que nous étions justement ses émissaires. Satisfait, l’homme tint à nous raconter son histoire. Pendant de nombreuses années, lui et sa femme n’avaient pas eu d’enfants puis mirent enfin au monde une fille il y a quelques années. Mais lors du premier examen médical du nouveau-né, on détecta une malformation : jamais l’enfant ne pourrait voir !

Bien entendu, les parents affolés décidèrent de consulter de plus grands spécialistes, en particulier aux États-Unis. Leur voyage se passa en plusieurs étapes en Amérique du sud comme il était courant à l’époque. Lors d’un de ces voyages, mon père Rav Moché Kotlarsky monta lui aussi dans l’avion et, comme à son habitude, se mit à parler avec les autres passagers. Quand il aborda ce couple venu d’Uruguay, ceux-ci l’informèrent qu’ils étaient eux aussi juifs mais l’homme refusa de mettre les Téfilines, prétextant qu’il ne croyait pas à tout cela. Mon père, Rav Moché continua néanmoins à discuter avec eux, leur demandant quel était le but de leur voyage. Ils racontèrent qu’ils allaient consulter de grands spécialistes et mon père leur conseilla d’aller demander une bénédiction au Rabbi. Une fois de plus, ils déclinèrent poliment sa proposition car « ils ne croyaient pas dans tout cela ». Mon père insista cependant et leur demanda d’écrire au moins une lettre au Rabbi, en leur expliquant comment écrire. Ils écrivirent effectivement une lettre en espagnol, ajoutant leur adresse en haut à gauche de la feuille.

La suite de leur voyage aux États-Unis fut décevante, tous les spécialistes ne purent que confirmer le premier diagnostic : l’enfant ne verrait jamais.

A leur retour en Uruguay, ils trouvèrent évidemment une pile de courrier qui les attendait, pour l’essentiel des factures... Mais une enveloppe attira particulièrement leur attention ; elle contenait une lettre écrite en hébreu, langue qu’ils ne connaissaient pas. Ils apportèrent la lettre à un rabbin libéral de leur quartier pour qu’il la traduise. Il y jeta un coup d’œil, expliqua que c’était des bêtises et jeta la lettre dans la corbeille à papier. Mais le père n’accepta pas cette réponse : indigné, il récupéra la lettre et rappela au rabbin qu’il n’était pas venu lui demander son opinion mais juste une traduction.

Ils se dirigèrent alors vers la demeure d’un rabbin orthodoxe, Rav Berman qui lut la lettre avec attention et émotion : le Rabbi écrivait que si, dans la famille, on allumait les bougies de Chabbat, D.ieu bénirait la maison et la fillette pourrait voir. Rav Berman expliqua comment allumer, les parents rentrèrent chez eux et, le lendemain, déçus, retournèrent chez Rav Berman : la maman avait effectivement allumé des bougies mais rien ne s’était passé...

Il s’avéra que leur excitation avait été si grande qu’ils n’avaient pas compris qu’il fallait attendre le vendredi pour accueillir le Chabbat ! Patient, Rav Berman leur donna deux autres bougies et leur demanda d’attendre vendredi en fin d’après-midi - et non mercredi. Soulagés, les parents promirent de revenir dimanche raconter ce qui se serait passé. Effectivement, dimanche ils racontèrent que la petite fille avait allumé les bougies et, immédiatement après, elle s’était tournée vers son père et avait demandé : Papa ! C’est quoi ce truc qui bouge ? C’était la première fois qu’elle distinguait la lumière ! Les parents ne parvenaient pas à croire dans le miracle qui se déroulait devant leurs yeux ! Leur petite fille voyait !!!

Bien entendu, elle a continué d’allumer les bougies tous les vendredis. Très ému, le père conclut devant les jeunes gens stupéfaits : ma fille que vous avez connue dans le centre aéré que vous avez organisé, c’est elle qui voit grâce à la bénédiction du Rabbi mais aussi grâce à l’insistance de Rav Kotlarsky ! Bien que j’aie refusé de mettre les Téfilines quand il me l’avait si gentiment proposé dans l’avion, il a continué à s’intéresser à nous et nous a aidés par ses conseils - car c’est cela que le Rabbi voulait de lui - et d’ailleurs de tout Juif ! ».

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