EDITORIAL
Le calendrier juif est une chose bien étonnante. Plus qu’un simple outil de suivi du temps qui passe, il structure littéralement la vie. C’est dire que chacun des moments qu’il annonce est porteur d’un sens particulier et que, loin de l’uniformité des jours, il s’enrichit d’une puissance et d’une portée qu’il importe de cerner pour pouvoir les vivre. Ainsi, Adar a été le mois de la joie et cela a été abondamment rappelé. Mais voici que commence Nissan, que faut-il donc en attendre, ou mieux, y rechercher ?
Car le mois qui s’ouvre à présent est celui de la fête de Pessa’h. En d’autres termes, c’est le revécu de la sortie d’Egypte vers lequel nous avançons, et cela éclaire sans doute déjà notre horizon. Nous avons vécu un temps où tout semblait se dérouler selon les lois de la nature, au point que, même dans l’histoire de Pourim racontée par le Livre d’Esther, le Nom de D.ieu n’apparaît pas, soulignant ainsi une forme de dissimulation de la Présence Divine. Voici que nous sommes invités à vivre les plus grands prodiges, à assister à l’intervention de D.ieu au cœur du monde, lorsqu’Il vient libérer Son peuple de la servitude. Nous passons donc d’un moment de « naturel » à une période de « surnaturel », et, bien sûr, cela change tout.
De fait, notre regard sur le monde en est transformé. Nous recommençons à y voir les miracles qui accompagnent la vie. Ainsi nous reprenons conscience de la place de l’homme, et elle est essentielle. Nous avons la force de faire du monde un lieu de paix et de sérénité. Nous avons la puissance qui permet toujours la victoire du Bien. Car nous portons le beau titre de créatures de D.ieu, indissolublement liées au Créateur.
Il nous appartient donc d’entrer dans le miracle avec assurance. C’est cette attitude qui nous conduira au plus haut, jusqu’à ce sommet si merveilleusement incarné par la sortie d’Egypte, cet aboutissement de toutes choses : la liberté ultime dans un temps de toutes les Délivrances.⬢