Peut-être est-ce une habitude de langage : on souligne souvent que le mois de Kislev, dans lequel nous sommes à présent de plain-pied, est à la fois « un mois de lumière » et « un mois ‘hassidique ». Quant au mois de lumière, le simple déroulement du calendrier nous en convainc : la fête de ‘Hanoucca n’est-elle pas en ligne de mire ? Pour le mois ‘hassidique, il n’est nécessaire que de rappeler l’imminence des célébrations du 19 Kislev, sur lequel on reviendra, pour que l’idée prenne la force de l’évidence. Mais que cela signifie-t-il et surtout quelles en sont les implications pour chacun ? Car il est clair qu’on ne peut considérer cela comme une simple idée, une théorie éventuellement séduisante mais sans lien avec notre réalité quotidienne.
L’a-t-on suffisamment remarqué ? Entre lumière et ‘hassidisme, il existe bien des points communs. De fait, au-delà de l’image, la lumière donne des couleurs au monde en soulignant la vie. Et elle est si précieuse qu’elle ne s’arrête jamais, qu’elle ne pose aucune condition préalable à son intervention. Lorsqu’elle apparaît, elle éclaire avec la même intensité et sans recul les endroits les plus nobles comme les lieux les plus humbles, ceux qui s’y prêtent le mieux comme ceux qui tentent d’y faire obstacle. D’une certaine façon, le ‘hassidisme, avec ses enseignements et la démarche qu’il suscite, manifeste les mêmes caractéristiques. Il donne cette vitalité si profonde et si essentielle, permettant à chacun l’accès à ce qui le dépasse, et cela, sans aucun prérequis.
Pour cela, dans un monde largement désenchanté, le mois de Kislev résonne comme un appel de clairon, à la fois réveil et invitation à la conquête : de son for intérieur et de l’obscurité qui parfois semble monter alentour. Car le principe est connu : par nature, la lumière est toujours victorieuse et, devant elle, les ombres ne peuvent que reculer. Jusqu’à l’avènement du temps de toute lumière, par la venue du Machia’h.