LE RECIT DE LA SEMAINE
Mosaic Express | December 03, 2023
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LE RECIT DE LA SEMAINE

Mosaic Express | December 31, 2025

LE RECIT DE LA SEMAINE

Les soldats israéliens qui surveillaient le fortin des faubourgs de Beyrouth cette nuit de juin 1982 étaient persuadés qu’ils étaient victimes d’hallucinations ; venue de nulle part, une camionnette couverte de poussière, porteuse d’une plaque d’immatriculation israélienne arrivait, précédée d’une musique joyeuse. En sortirent des jeunes gens barbus et souriants : c’était un spectacle complètement surréaliste dans le territoire libanais ravagé par la guerre.

Un des nouveaux-venus présenta au commandant du fortin le formulaire de permission d’entrée au Liban, émis par le responsable de la région nord d’Israël et signé par le colonel Yossi Tsror.

Le commandant s’étonna : quel était le but de cette intrusion ?

Nous sommes venus imprimer le Tanya, répondit l’un des ‘Hassidim, sur le ton de l’évidence.

On peut se demander si le commandant réalisait que, de la camionnette, les ‘Hassidim avaient déjà déchargé une imprimerie portative qu’ils déposèrent avec soin dans cet endroit dangereux, non loin du Quartier Général de l’O.L.P.

Sur la portière arrière de la camionnette, les ‘Hassidim avaient accroché une affiche : « Imprimerie ‘Habad, Beyrouth ». De la camionnette, ils extirpèrent aussi un générateur auquel ils branchèrent immédiatement la machine. Intrigués, les soldats s’agglutinèrent autour de l’imprimerie, avec une curiosité mêlée d’inquiétude. Le bruit de la machine contrastait avec le silence de la nuit. Des feuillets couverts de caractères hébraïques commençaient déjà à sortir de la machine.

Au bout d’un moment, celui qui était apparemment le chef de ce groupe de ’Hassidim prit la parole avec un fort accent américain. Les yeux brillants de fatigue et d’excitation, Aharon-Leizer Ceitlin s’écria en brandissant un petit verre de vodka : « Les amis ! Le’haïm ! A la vie ! Le livre est terminé, nous avons accompli la mission que le Rabbi nous a confiée ! ».

– Quelle mission ? se demandaient les soldats, ébahis qui n’en croyaient toujours pas leurs yeux et qui se demandaient de quoi il pouvait bien s’agir.

Cela faisait déjà plusieurs jours qu’Aharon-Leizer ne parvenait pas à dormir : le Rabbi de Loubavitch avait demandé qu’on imprime le Tanya – le livre de base de la ‘Hassidout – dans toutes les villes du Liban où Tsahal, l’armée de défense d’Israël, se positionnerait lors de cette guerre. C’était les émissaires que le Rabbi avait envoyés à Tsfat (Safed) quelques années plus tôt qui devaient se charger de cette mission. Ceux-ci avaient tenté d’obtenir pour cela la permission de l’armée mais, chaque fois, cela leur avait été refusé pour des raisons évidentes de sécurité. Depuis une semaine, Aharon-Leizer n’en pouvait plus : le Rabbi a demandé et nous n’avons encore pas obéi ? Il était une heure du matin : il se leva, prit sa voiture avec quelques camarades qu’il avait réveillés en toute hâte et se dirigea vers le nord. Dans un crissement de freins, il s’arrêta devant le portail, sortit en courant comme une flèche tout en criant : « Où est le général ? J’ai une information très importante qui concerne la poursuite de la guerre à lui transmettre ». Le soldat de service s’empressa de lui montrer la demeure du général Amir Drori. Essoufflé, Aharon-Leizer raconta au général, estomaqué de son entrée en trombe à cette heure tardive, qui était le Rabbi et combien il avait œuvré lors de chaque guerre pour le bien-être des soldats et la réussite de leurs opérations. « Maintenant, le Rabbi demande qu’on imprime le Tanya dans toutes les villes conquises par Tsahal ». Il montra au général plusieurs exemplaires de ce livre qui avait déjà été imprimé dans de nombreuses villes dans le monde entier. « Si le Rabbi le demande, c’est que nous devons y procéder et cela contribuera à la réussite de la guerre ! » conclut-il.

Son enthousiasme et sa fougue, son ardeur et sa détermination inébranlable convainquirent le général : « Pas de problème ! Voici la permission que tu as demandée », annonça-t-il en lui tendant le papier tamponné. Comme une flèche, Aharaon-Leizer ressortit en courant tout en agitant le papier tant espéré devant ses camarades restés dans la voiture : ceux-ci n’en croyaient pas leurs yeux : comment avait-il réussi alors que depuis une semaine, la précieuse autorisation leur avait été refusée ?

Sans prêter attention aux menaces complaisamment relayées par les média, les ‘Hassidim continuèrent leur route et arrivèrent ainsi jusqu’au faubourg de Beyrouth où ils se mirent immédiatement au travail, tout en expliquant aux soldats que cette entreprise devait assurer leur protection pour la suite de la guerre. Après avoir achevé cette édition, épuisés mais heureux, ils ne gardèrent pas leur joie pour eux et distribuèrent boissons et gâteaux. Spontanément, ils se mirent à danser avec les soldats, tout près des maisons libanaises en ruines, en pleine nuit.

Puis tout le monde s’assit et les ‘Hassidim expliquèrent aux soldats quelques passages du Tanya, leur laissèrent quelques exemplaires en souvenir et en guise de protection. Trois heures après leur arrivée, les ‘Hassidim étaient déjà sur la route du retour en Israël et disparurent dans la nuit.

Quelques semaines plus tard, loin de là, à New York, le Rabbi tint une réunion ‘hassidique devant des milliers de ‘Hassidim. Il évoqua avec douleur le fait que la guerre avait été stoppée bien avant la victoire finale sur les terroristes du Liban. A un moment donné, le Rabbi étonna tous les participants en montrant un exemplaire du Tanya qui avait été imprimé à Beyrouth, comme preuve que les forces de Tsahal auraient pu conquérir la capitale, ne serait-ce que pour un court instant et ainsi, inspirer la crainte aux ennemis et débarrasser la région de cette menace constante.

(Prions pour que la leçon soit bien comprise également maintenant, pour que tous les terroristes soient effectivement mis hors d’état de nuire, où qu’ils se trouvent. Conformément à la demande du Rabbi alors, le Tanya a été dernièrement imprimé à Gaza et, très certainement, cela contribuera à la réussite de toutes les opérations sur le terrain).

Mena’hem Shaïkevitz – Si’hat Hachavoua 1923
Traduit par Feiga Lubecki

LE RECIT DE LA SEMAINE

Les soldats israéliens qui surveillaient le fortin des faubourgs de Beyrouth cette nuit de juin 1982 étaient persuadés qu’ils étaient victimes d’hallucinations ; venue de nulle part, une camionnette couverte de poussière, porteuse d’une plaque d’immatriculation israélienne arrivait, précédée d’une musique joyeuse. En sortirent des jeunes gens barbus et souriants : c’était un spectacle complètement surréaliste dans le territoire libanais ravagé par la guerre.

Un des nouveaux-venus présenta au commandant du fortin le formulaire de permission d’entrée au Liban, émis par le responsable de la région nord d’Israël et signé par le colonel Yossi Tsror.

Le commandant s’étonna : quel était le but de cette intrusion ?

Nous sommes venus imprimer le Tanya, répondit l’un des ‘Hassidim, sur le ton de l’évidence.

On peut se demander si le commandant réalisait que, de la camionnette, les ‘Hassidim avaient déjà déchargé une imprimerie portative qu’ils déposèrent avec soin dans cet endroit dangereux, non loin du Quartier Général de l’O.L.P.

Sur la portière arrière de la camionnette, les ‘Hassidim avaient accroché une affiche : « Imprimerie ‘Habad, Beyrouth ». De la camionnette, ils extirpèrent aussi un générateur auquel ils branchèrent immédiatement la machine. Intrigués, les soldats s’agglutinèrent autour de l’imprimerie, avec une curiosité mêlée d’inquiétude. Le bruit de la machine contrastait avec le silence de la nuit. Des feuillets couverts de caractères hébraïques commençaient déjà à sortir de la machine.

Au bout d’un moment, celui qui était apparemment le chef de ce groupe de ’Hassidim prit la parole avec un fort accent américain. Les yeux brillants de fatigue et d’excitation, Aharon-Leizer Ceitlin s’écria en brandissant un petit verre de vodka : « Les amis ! Le’haïm ! A la vie ! Le livre est terminé, nous avons accompli la mission que le Rabbi nous a confiée ! ».

– Quelle mission ? se demandaient les soldats, ébahis qui n’en croyaient toujours pas leurs yeux et qui se demandaient de quoi il pouvait bien s’agir.

Cela faisait déjà plusieurs jours qu’Aharon-Leizer ne parvenait pas à dormir : le Rabbi de Loubavitch avait demandé qu’on imprime le Tanya – le livre de base de la ‘Hassidout – dans toutes les villes du Liban où Tsahal, l’armée de défense d’Israël, se positionnerait lors de cette guerre. C’était les émissaires que le Rabbi avait envoyés à Tsfat (Safed) quelques années plus tôt qui devaient se charger de cette mission. Ceux-ci avaient tenté d’obtenir pour cela la permission de l’armée mais, chaque fois, cela leur avait été refusé pour des raisons évidentes de sécurité. Depuis une semaine, Aharon-Leizer n’en pouvait plus : le Rabbi a demandé et nous n’avons encore pas obéi ? Il était une heure du matin : il se leva, prit sa voiture avec quelques camarades qu’il avait réveillés en toute hâte et se dirigea vers le nord. Dans un crissement de freins, il s’arrêta devant le portail, sortit en courant comme une flèche tout en criant : « Où est le général ? J’ai une information très importante qui concerne la poursuite de la guerre à lui transmettre ». Le soldat de service s’empressa de lui montrer la demeure du général Amir Drori. Essoufflé, Aharon-Leizer raconta au général, estomaqué de son entrée en trombe à cette heure tardive, qui était le Rabbi et combien il avait œuvré lors de chaque guerre pour le bien-être des soldats et la réussite de leurs opérations. « Maintenant, le Rabbi demande qu’on imprime le Tanya dans toutes les villes conquises par Tsahal ». Il montra au général plusieurs exemplaires de ce livre qui avait déjà été imprimé dans de nombreuses villes dans le monde entier. « Si le Rabbi le demande, c’est que nous devons y procéder et cela contribuera à la réussite de la guerre ! » conclut-il.

Son enthousiasme et sa fougue, son ardeur et sa détermination inébranlable convainquirent le général : « Pas de problème ! Voici la permission que tu as demandée », annonça-t-il en lui tendant le papier tamponné. Comme une flèche, Aharaon-Leizer ressortit en courant tout en agitant le papier tant espéré devant ses camarades restés dans la voiture : ceux-ci n’en croyaient pas leurs yeux : comment avait-il réussi alors que depuis une semaine, la précieuse autorisation leur avait été refusée ?

Sans prêter attention aux menaces complaisamment relayées par les média, les ‘Hassidim continuèrent leur route et arrivèrent ainsi jusqu’au faubourg de Beyrouth où ils se mirent immédiatement au travail, tout en expliquant aux soldats que cette entreprise devait assurer leur protection pour la suite de la guerre. Après avoir achevé cette édition, épuisés mais heureux, ils ne gardèrent pas leur joie pour eux et distribuèrent boissons et gâteaux. Spontanément, ils se mirent à danser avec les soldats, tout près des maisons libanaises en ruines, en pleine nuit.

Puis tout le monde s’assit et les ‘Hassidim expliquèrent aux soldats quelques passages du Tanya, leur laissèrent quelques exemplaires en souvenir et en guise de protection. Trois heures après leur arrivée, les ‘Hassidim étaient déjà sur la route du retour en Israël et disparurent dans la nuit.

Quelques semaines plus tard, loin de là, à New York, le Rabbi tint une réunion ‘hassidique devant des milliers de ‘Hassidim. Il évoqua avec douleur le fait que la guerre avait été stoppée bien avant la victoire finale sur les terroristes du Liban. A un moment donné, le Rabbi étonna tous les participants en montrant un exemplaire du Tanya qui avait été imprimé à Beyrouth, comme preuve que les forces de Tsahal auraient pu conquérir la capitale, ne serait-ce que pour un court instant et ainsi, inspirer la crainte aux ennemis et débarrasser la région de cette menace constante.

(Prions pour que la leçon soit bien comprise également maintenant, pour que tous les terroristes soient effectivement mis hors d’état de nuire, où qu’ils se trouvent. Conformément à la demande du Rabbi alors, le Tanya a été dernièrement imprimé à Gaza et, très certainement, cela contribuera à la réussite de toutes les opérations sur le terrain).

Mena’hem Shaïkevitz – Si’hat Hachavoua 1923
Traduit par Feiga Lubecki

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