Le Récit de la Semaine
Mosaic Express | February 14, 2025
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Le Récit de la Semaine

Mosaic Express | June 27, 2025

Je suis volontaire pour ZAKA, l’organisation israélienne qui veille au respect des morts lors des attentats et guerres. En effet, la tradition juive insiste pour que les corps, tous les éléments des corps soient traités avec respect et enterrés dans une sépulture digne, avec les prières d’usage. C’est une occupation sainte, difficile et qui exige parfois des forces surhumaines face à l’inhumanité de nos ennemis.

Après le terrifiant massacre du 7 octobre, toutes les implantations entourant la bande de Gaza ont été déclarées zone militaire fermée ; seuls les soldats et les volontaires de ZAKA ont été autorisés à sauver les survivants, à identifier les morts et à constater l’étendue des dégâts : les maisons brûlées, les biens pillés, les champs dévastés... Nous devions aller dans chaque maison - ou ce qu’il en restait - et examiner chaque recoin, à la recherche de chaque indice, de chaque souvenir.

Un jour, je reçus un coup de téléphone d’un homme qui me demanda une grande faveur : que je retourne dans ce qui restait de sa maison pour y retrouver un ou des objets. Il m’en donna le numéro et je tremblai : je savais qu’elle avait été entièrement détruite, qu’il n’y avait plus que des ruines et qu’il était même dangereux d’y entrer car tout risquait de s’effondrer d’un moment à l’autre. Cependant, il n’y avait pas eu de mort. Il renchérit : oui, nous avons survécu et, si nous avons survécu, certainement nos Mezouzot aussi !

Je n’en croyais pas mes oreilles : j’avais déjà inspecté cette maison, tout avait brûlé, l’entrée, la cuisine, les chambres... J’y suis retourné pour lui et je me suis rendu compte qu’il restait effectivement trois Mezouzot : les étuis étaient complètement brûlés mais les parchemins, bien qu’ils aient pris une forme bizarre, légèrement penchée, étaient intacts !

Très ému, l’homme me demanda de transmettre ces Mezouzot à son fils qui étudiait dans une Yechiva, à Tifra’h, une des très grandes Yechivot d’Israël (j’avoue que j’étais étonné : ce Kibboutz était connu comme très « laïc » et le fait même qu’il y ait eu des Mezouzot clouées aux portes de cette maison m’avait étonné. Puis cet homme m’informait que son fils étudiait dans une Yechiva, donc était sûrement plus impliqué dans la pratique du judaïsme que le père...).

J’ai gardé l’étui un peu tordu d’une de ces Mezouzot dans ma poche et, chaque fois que j’ai l’occasion de parler de notre organisation ZAKA de par le monde, je la montre au public pour bien faire comprendre l’étendue de notre tragédie et illustrer la force d’âme qui est demandée de chacun de nos volontaires.

Un jour, à l’aéroport à New York, un Rav s’approcha de moi et me demanda si je voulais bien venir prier Min’ha avec un Minyan (dix Juifs, nécessaires pour la prière communautaire) en attendant l’avion. Je portais mon uniforme de ZAKA, une organisation orthodoxe comme on dit, et il était évident que je serais très heureux de prier avec le Minyan. Pendant le vol, il revint vers moi et me demanda si ZAKA avait l’intention d’ouvrir des antennes aux États-Unis et je répondis que je revenais justement d’une conférence destinée à sensibiliser la communauté sur cette nécessité. Puis je lui demandai qui il était : il répondit qu’il était Rav dans une Yechiva. A Tifra’h justement !

J’ai souri, j’ai sorti l’étui de ma poche et ai commencé à raconter mon histoire. Il m’a interrompu :

- Moi je vais vous raconter l’autre côté de cette histoire !

J’étais interloqué : l’autre côté ? Qu’est-ce que cela signifiait ? C’était mon histoire ! Mais voici ce qu’il m’a raconté :

- Il y a cinq ans, un de mes étudiants est venu me voir dans la Yechiva pour me faire part de son problème : « Mes parents sont divorcés, mon père vit dans un Kibboutz très laïc et nous n’avons pas de très bonnes relations. Pourtant je voudrais renouer le lien avec lui, mais je ne sais pas comment ». J’ai réfléchi et lui ai proposé d’acheter un cadeau pour son père. D’emblée, il a refusé en expliquant : mon père est un millionnaire ! Il a fait fortune avec la high-tech, il n’a besoin de rien ! Et surtout pas de moi ! Trois jours plus tard, j’ai enfin eu une idée et j’ai apporté trois Mezouzot à ce garçon en lui suggérant de les offrir à son père ! Et c’est pour cela que le père a insisté auprès de vous : Nous avons survécu alors c’est sûr que c’est grâce à nos Mezouzot qui ont, certainement, elles aussi, survécu ! Effectivement ! Le fait que les Mezouzot soient restées à peu près intactes dans cet incendie, avec ces flammes qui ont tout ravagé est absolument inexplicable !

Le Rav a continué : à notre arrivée en Israël, accompagnez-moi, ce jeune homme va venir me chercher et vous lui raconterez comment son père a vécu ce drame et lui est reconnaissant. C’est ainsi que j’ai mérité de renouer les liens entre un fils et son père, grâce aux Mezouzot.

Et depuis ce jour, le père et le fils ont repris des relations normales, conscients tous les deux que ce sont les Mezouzot sauvées des flammes qui les relieront à jamais. Le père a ressenti que le fils l’avait véritablement protégé et sauvé grâce à ces Mezouzot !

C’est mon investissement dans ZAKA qui a permis de ramener l’unité dans cette famille, l’unité dans tout le peuple d’Israël, une unité dont nous avons tous tant besoin ! ZAKA, les initiales de « Zé Kirouv A’him » - « C’est cela qui rapproche des frères » ! A nous de continuer à œuvrer sans relâche pour l’amour du prochain, pour la réunion des familles, de toutes les familles !

Meaningful Minute
Traduit par Feiga Lubecki

Je suis volontaire pour ZAKA, l’organisation israélienne qui veille au respect des morts lors des attentats et guerres. En effet, la tradition juive insiste pour que les corps, tous les éléments des corps soient traités avec respect et enterrés dans une sépulture digne, avec les prières d’usage. C’est une occupation sainte, difficile et qui exige parfois des forces surhumaines face à l’inhumanité de nos ennemis.

Après le terrifiant massacre du 7 octobre, toutes les implantations entourant la bande de Gaza ont été déclarées zone militaire fermée ; seuls les soldats et les volontaires de ZAKA ont été autorisés à sauver les survivants, à identifier les morts et à constater l’étendue des dégâts : les maisons brûlées, les biens pillés, les champs dévastés... Nous devions aller dans chaque maison - ou ce qu’il en restait - et examiner chaque recoin, à la recherche de chaque indice, de chaque souvenir.

Un jour, je reçus un coup de téléphone d’un homme qui me demanda une grande faveur : que je retourne dans ce qui restait de sa maison pour y retrouver un ou des objets. Il m’en donna le numéro et je tremblai : je savais qu’elle avait été entièrement détruite, qu’il n’y avait plus que des ruines et qu’il était même dangereux d’y entrer car tout risquait de s’effondrer d’un moment à l’autre. Cependant, il n’y avait pas eu de mort. Il renchérit : oui, nous avons survécu et, si nous avons survécu, certainement nos Mezouzot aussi !

Je n’en croyais pas mes oreilles : j’avais déjà inspecté cette maison, tout avait brûlé, l’entrée, la cuisine, les chambres... J’y suis retourné pour lui et je me suis rendu compte qu’il restait effectivement trois Mezouzot : les étuis étaient complètement brûlés mais les parchemins, bien qu’ils aient pris une forme bizarre, légèrement penchée, étaient intacts !

Très ému, l’homme me demanda de transmettre ces Mezouzot à son fils qui étudiait dans une Yechiva, à Tifra’h, une des très grandes Yechivot d’Israël (j’avoue que j’étais étonné : ce Kibboutz était connu comme très « laïc » et le fait même qu’il y ait eu des Mezouzot clouées aux portes de cette maison m’avait étonné. Puis cet homme m’informait que son fils étudiait dans une Yechiva, donc était sûrement plus impliqué dans la pratique du judaïsme que le père...).

J’ai gardé l’étui un peu tordu d’une de ces Mezouzot dans ma poche et, chaque fois que j’ai l’occasion de parler de notre organisation ZAKA de par le monde, je la montre au public pour bien faire comprendre l’étendue de notre tragédie et illustrer la force d’âme qui est demandée de chacun de nos volontaires.

Un jour, à l’aéroport à New York, un Rav s’approcha de moi et me demanda si je voulais bien venir prier Min’ha avec un Minyan (dix Juifs, nécessaires pour la prière communautaire) en attendant l’avion. Je portais mon uniforme de ZAKA, une organisation orthodoxe comme on dit, et il était évident que je serais très heureux de prier avec le Minyan. Pendant le vol, il revint vers moi et me demanda si ZAKA avait l’intention d’ouvrir des antennes aux États-Unis et je répondis que je revenais justement d’une conférence destinée à sensibiliser la communauté sur cette nécessité. Puis je lui demandai qui il était : il répondit qu’il était Rav dans une Yechiva. A Tifra’h justement !

J’ai souri, j’ai sorti l’étui de ma poche et ai commencé à raconter mon histoire. Il m’a interrompu :

- Moi je vais vous raconter l’autre côté de cette histoire !

J’étais interloqué : l’autre côté ? Qu’est-ce que cela signifiait ? C’était mon histoire ! Mais voici ce qu’il m’a raconté :

- Il y a cinq ans, un de mes étudiants est venu me voir dans la Yechiva pour me faire part de son problème : « Mes parents sont divorcés, mon père vit dans un Kibboutz très laïc et nous n’avons pas de très bonnes relations. Pourtant je voudrais renouer le lien avec lui, mais je ne sais pas comment ». J’ai réfléchi et lui ai proposé d’acheter un cadeau pour son père. D’emblée, il a refusé en expliquant : mon père est un millionnaire ! Il a fait fortune avec la high-tech, il n’a besoin de rien ! Et surtout pas de moi ! Trois jours plus tard, j’ai enfin eu une idée et j’ai apporté trois Mezouzot à ce garçon en lui suggérant de les offrir à son père ! Et c’est pour cela que le père a insisté auprès de vous : Nous avons survécu alors c’est sûr que c’est grâce à nos Mezouzot qui ont, certainement, elles aussi, survécu ! Effectivement ! Le fait que les Mezouzot soient restées à peu près intactes dans cet incendie, avec ces flammes qui ont tout ravagé est absolument inexplicable !

Le Rav a continué : à notre arrivée en Israël, accompagnez-moi, ce jeune homme va venir me chercher et vous lui raconterez comment son père a vécu ce drame et lui est reconnaissant. C’est ainsi que j’ai mérité de renouer les liens entre un fils et son père, grâce aux Mezouzot.

Et depuis ce jour, le père et le fils ont repris des relations normales, conscients tous les deux que ce sont les Mezouzot sauvées des flammes qui les relieront à jamais. Le père a ressenti que le fils l’avait véritablement protégé et sauvé grâce à ces Mezouzot !

C’est mon investissement dans ZAKA qui a permis de ramener l’unité dans cette famille, l’unité dans tout le peuple d’Israël, une unité dont nous avons tous tant besoin ! ZAKA, les initiales de « Zé Kirouv A’him » - « C’est cela qui rapproche des frères » ! A nous de continuer à œuvrer sans relâche pour l’amour du prochain, pour la réunion des familles, de toutes les familles !

Meaningful Minute
Traduit par Feiga Lubecki

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