Le Recit De La Semaine La Valise Qui Changea Une Vie
Mosaic Express | February 06, 2026
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Le Recit De La Semaine La Valise Qui Changea Une Vie

Mosaic Express | February 16, 2026

Madame Leah (Elizabeth) Yahilevich eut le privilège de travailler dans la maison du Rabbi et de la Rabbanit ‘Haya Mouchka, sur President Street à Brooklyn. La Rabbanit manifestait une grande sollicitude envers Leah qui avait perdu une partie de sa famille durant la Shoah (la Rabbanit elle-même avait eu la douleur de perdre sa sœur cadette Sheina, déportée à Treblinka en 1942).

En 1987, les voyages vers l’Union Soviétique devinrent un peu moins compliqués et Leah désira vraiment se rendre à Gomel, en Russie pour revoir ses parents et grands-parents qu’elle n’avait pas revus depuis des dizaines d’années. Elle évoqua le sujet devant la Rabbanit, qui l’encouragea fortement à entreprendre ce voyage. Elle suggéra aussi de profiter de cette occasion pour emporter des livres sur le judaïsme, traduits en russe. Leah hésitait car elle craignait que cela ne soit dangereux et considéré comme contre-révolutionnaire et opposé à la doctrine communiste. Peut-être l’arrêterait-on à la douane, peut-être ses valises seraient confisquées, peut-être serait-elle arrêtée et emprisonnée... Mais la Rabbanit la rassura et lui rappela que son mari – le Rabbi – cherchait constamment à faire parvenir des livres aux Juifs obligés de rester en Russie et qui n’avaient pas de possibilité d’apprendre ce qu’était le judaïsme. Dès qu’un professeur, un médecin, un homme politique ou autre était invité à participer à un congrès en Union Soviétique, le Rabbi s’arrangeait pour le contacter et lui demander d’apporter des livres et objets de culte aux communautés désireuses d’en apprendre davantage sur leur héritage juif et de mieux pratiquer leur foi. Comme Leah voyageait avec un visa de touriste, elle pouvait en toute légalité apporter des cadeaux de toutes sortes à sa famille.

Parmi les membres de la famille de Leah encore retenus en Union Soviétique, il y avait son petit-neveu de treize ans, Hirschel Friedman. Ayant appris que sa grand-tante allait venir des États-Unis, le jeune garçon était fou de joie à l’idée de tous les cadeaux qu’elle allait certainement lui rapporter depuis le « pays en or » comme on appelait la lointaine Amérique. Peut-être un chapeau de cow-boy ou des jeans à la mode ou même des tee-shirts à l’effigie d’un chanteur... Oh, combien il se réjouissait à l’idée de parader devant ses amis avec ses vêtements à la mode américaine ! Il alla la chercher à l’aéroport et la vit apporter des valises et encore des valises... C’était donc vrai ? Une visiteuse depuis le monde libre ! Quelle valise lui était destinée ?

Effectivement, une fois arrivée dans la maison de ses parents, Leah se mit à déballer ses bagages et il y avait toute une valise qui lui était spécialement réservée ! Très excité, il l’ouvrit et fut très surpris d’y trouver des dizaines de livres saints traduits en russe : Siddour (livre de prière), Haggada de Pessa’h, journaux pour enfants, fascicules explicatifs sur les Mitsvot les plus importantes : cacherout, Chabbat, les fêtes, Mezouza, Téfilines... Toutes ces brochures avaient été préparées depuis des années par les ‘Hassidim à New York - sur instruction du Rabbi - pour les millions de Juifs retenus alors en Union Soviétique ou ceux qui parvenaient à en sortir en petits nombres.

Non, Hirschel n’était pas déçu même s’il avait espéré d’autres cadeaux. Bien qu’il ait grandi dans un pays communiste où la pratique ostentatoire du judaïsme était interdite, sa famille était restée traditionnaliste. Son grand-père possédait quelques livres de prières ou d’intérêt juif mais ils étaient tous en hébreu, langue que Hirschel n’avait pas eu l’occasion d’étudier dans une école juive. Maintenant il pouvait apprendre à lire et à prier dans un livre traduit en russe, avec toutes les instructions nécessaires : quand se lever, quand s’asseoir, quand mettre la main devant les yeux, quand prier et surtout, le sens des mots que son grand-père lui avait appris à répéter mécaniquement quand il l’emmenait en cachette à la synagogue clandestine. Il étudia tout seul très sérieusement ces livres d’une valeur inestimable à ses yeux. De fait, ces livres lui permirent de s’auto-éduquer pour tout ce qui concernait le judaïsme. Il les lisait et relisait, en appréciant chaque mot et en mémorisant tout ce qu’ils impliquaient.

Madame Leah (Elizabeth) Yahilevich eut le privilège de travailler dans la maison du Rabbi et de la Rabbanit ‘Haya Mouchka, sur President Street à Brooklyn. La Rabbanit manifestait une grande sollicitude envers Leah qui avait perdu une partie de sa famille durant la Shoah (la Rabbanit elle-même avait eu la douleur de perdre sa sœur cadette Sheina, déportée à Treblinka en 1942).

En 1987, les voyages vers l’Union Soviétique devinrent un peu moins compliqués et Leah désira vraiment se rendre à Gomel, en Russie pour revoir ses parents et grands-parents qu’elle n’avait pas revus depuis des dizaines d’années. Elle évoqua le sujet devant la Rabbanit, qui l’encouragea fortement à entreprendre ce voyage. Elle suggéra aussi de profiter de cette occasion pour emporter des livres sur le judaïsme, traduits en russe. Leah hésitait car elle craignait que cela ne soit dangereux et considéré comme contre-révolutionnaire et opposé à la doctrine communiste. Peut-être l’arrêterait-on à la douane, peut-être ses valises seraient confisquées, peut-être serait-elle arrêtée et emprisonnée... Mais la Rabbanit la rassura et lui rappela que son mari – le Rabbi – cherchait constamment à faire parvenir des livres aux Juifs obligés de rester en Russie et qui n’avaient pas de possibilité d’apprendre ce qu’était le judaïsme. Dès qu’un professeur, un médecin, un homme politique ou autre était invité à participer à un congrès en Union Soviétique, le Rabbi s’arrangeait pour le contacter et lui demander d’apporter des livres et objets de culte aux communautés désireuses d’en apprendre davantage sur leur héritage juif et de mieux pratiquer leur foi. Comme Leah voyageait avec un visa de touriste, elle pouvait en toute légalité apporter des cadeaux de toutes sortes à sa famille.

Parmi les membres de la famille de Leah encore retenus en Union Soviétique, il y avait son petit-neveu de treize ans, Hirschel Friedman. Ayant appris que sa grand-tante allait venir des États-Unis, le jeune garçon était fou de joie à l’idée de tous les cadeaux qu’elle allait certainement lui rapporter depuis le « pays en or » comme on appelait la lointaine Amérique. Peut-être un chapeau de cow-boy ou des jeans à la mode ou même des tee-shirts à l’effigie d’un chanteur... Oh, combien il se réjouissait à l’idée de parader devant ses amis avec ses vêtements à la mode américaine ! Il alla la chercher à l’aéroport et la vit apporter des valises et encore des valises... C’était donc vrai ? Une visiteuse depuis le monde libre ! Quelle valise lui était destinée ?

Effectivement, une fois arrivée dans la maison de ses parents, Leah se mit à déballer ses bagages et il y avait toute une valise qui lui était spécialement réservée ! Très excité, il l’ouvrit et fut très surpris d’y trouver des dizaines de livres saints traduits en russe : Siddour (livre de prière), Haggada de Pessa’h, journaux pour enfants, fascicules explicatifs sur les Mitsvot les plus importantes : cacherout, Chabbat, les fêtes, Mezouza, Téfilines... Toutes ces brochures avaient été préparées depuis des années par les ‘Hassidim à New York - sur instruction du Rabbi - pour les millions de Juifs retenus alors en Union Soviétique ou ceux qui parvenaient à en sortir en petits nombres.

Non, Hirschel n’était pas déçu même s’il avait espéré d’autres cadeaux. Bien qu’il ait grandi dans un pays communiste où la pratique ostentatoire du judaïsme était interdite, sa famille était restée traditionnaliste. Son grand-père possédait quelques livres de prières ou d’intérêt juif mais ils étaient tous en hébreu, langue que Hirschel n’avait pas eu l’occasion d’étudier dans une école juive. Maintenant il pouvait apprendre à lire et à prier dans un livre traduit en russe, avec toutes les instructions nécessaires : quand se lever, quand s’asseoir, quand mettre la main devant les yeux, quand prier et surtout, le sens des mots que son grand-père lui avait appris à répéter mécaniquement quand il l’emmenait en cachette à la synagogue clandestine. Il étudia tout seul très sérieusement ces livres d’une valeur inestimable à ses yeux. De fait, ces livres lui permirent de s’auto-éduquer pour tout ce qui concernait le judaïsme. Il les lisait et relisait, en appréciant chaque mot et en mémorisant tout ce qu’ils impliquaient.

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