En réalité, bien que Yitro fût connu pour son implication dans diverses religions idolâtres, qu'il abandonna finalement au profit du Judaïsme, il ne cessait d’examiner chaque religion, en quête de sa véracité. Il finit par comprendre la fausseté de toutes ces croyances et la vérité inhérente au Judaïsme. Ainsi, Yitro ne désirait pas que ses petits-enfants deviennent idolâtres. Même s’il avait pu avoir une telle intention, il est certain que Moché n'aurait pas accepté cette condition. En fait, Yitro souhaitait offrir à l'un des fils de Moché l'opportunité d'explorer la vérité en scrutant d'abord d'autres cultures et leurs croyances, avant d'aboutir finalement à la conclusion qu'il n'existe qu'un seul D.ieu. Dans l'esprit de Yitro, on peut mieux apprécier la vérité lorsqu'elle est atteinte après une quête approfondie. Cette conviction émanait de son propre vécu.
Une des raisons pour lesquelles Yitro porte ce nom réside dans l'association entre le mot « Yitro » et l'affirmation du roi Chlomo dans l’Ecclésiaste selon laquelle il existe un « avantage (Yitron) dans la sagesse par rapport à la folie tout comme il y a un avantage dans la lumière face aux ténèbres ». La ‘Hassidout explique qu'il faisait référence au bénéfice découlant de la lumière et de la sagesse lorsque celles-ci émergent des ténèbres. Lorsqu'une personne découvre une vérité après avoir navigué dans l'obscurité, cela revêt une valeur supérieure à celle qui a toujours été exposée à la lumière.
Fidèle à son nom et aux expériences vécues au cours de sa vie, Yitro désirait voir son premier petit-fils atteindre un niveau supérieur de lumière et de sagesse, en étant d'abord exposé aux ténèbres et aux folies. Il réservait cette approche au premier-né, conscient que les autres enfants seraient élevés dans un milieu juif où il ne serait pas attendu qu’ils aillent chercher ailleurs. Cependant, le premier-né qui naîtrait et grandirait dans un pays étranger où prospère l'idolâtrie devrait être exposé à ces cultures étrangères. Ce qui se passerait ensuite ne le concernait pas vraiment.