Un dialogue étrange entre Moché et Yitro
Mosaic Express | February 02, 2024
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Un dialogue étrange entre Moché et Yitro

Mosaic Express | December 10, 2025

La Paracha de cette semaine relate pourquoi Moché nomma son fils aîné Guershom. Ce nom est la contraction de deux mots : « guer sham » qui signifient « un étranger là-bas ». Moché s’exclama, à la naissance de son aîné : « J’étais un étranger dans une terre étrangère », faisant allusion au fait qu’il se trouvait en exil à Midian où il avait rencontré sa future épouse : Tsipora, la fille de Yitro.

Le Midrach contient de nombreux éléments de la tradition orale comblant les ellipses du récit biblique. Il cite ici un incroyable dialogue entre Moché et Yitro qui jette la lumière sur les mots « terre étrangère ».

« Moché dit : ‘Puisque le monde entier sert des idoles qui devrais-je servir ? Celui dont la parole créa le monde’. »

Car lorsque Moché demanda à Yitro de lui donner sa fille Tsipora en mariage, Yitro insista pour qu’il le fasse à la condition que le premier fils de Moché se consacre à l’idolâtrie et les autres enfants à D.ieu.

Le Midrach conclut que Moché accéda à cette requête !

Ce Midrach énigmatique est problématique, et ce, à plus d’un titre. Tout d’abord, combien sont étranges ces mots qui suggèrent que Guerchom, le fils aîné de Moché, devrait être élevé pour devenir un idolâtre. Et ce qui paraît encore plus bizarre est que Moché accepte cette proposition.

De plus, le Midrach introduit ce dialogue par la déclaration catégorique de Moché qu’il n’adorerait que le D.ieu unique. Comment réconcilier cela avec la fin du commentaire du Midrach qui évoque son consentement à élever son fils dans l’idolâtrie ?

Par ailleurs, si Yitro était si friand d’idolâtrie, pourquoi ne formula-t-il pas cette demande pour Moché lui-même ?

Enfin, si Yitro voulait que ses petits-enfants soient idolâtres, pourquoi ne demanda-t-il pas à Moché de les élever tous dans cette tradition ?

Une quête incessante de la vérité

En réalité, si Yitro était connu pour son implication dans de nombreuses religions idolâtres, auxquelles il finit par renoncer au profit du Judaïsme, il n’avait de cesse d’examiner chaque religion en quête de la vérité.

Il finit par comprendre toute leur fausseté et la vérité du Judaïsme. Il trouva la vérité parce qu’il recherchait la vérité.

Yitro ne voulait donc pas que ses petits-enfants soient des idolâtres, à D.ieu ne plaise ! Et même s’il l’avait voulu, Moché n’aurait certainement pas accepté cette condition. Mais il voulait plutôt que l’un des fils de Moché reçoive l’opportunité de rechercher la vérité, en examinant d’abord les autres croyances, pour en venir finalement à la conclusion qu’il n’y a qu’un D.ieu. Dans l’esprit de Yitro, et selon sa propre expérience, l’on pouvait mieux apprécier la vérité quand elle surgit après une recherche laborieuse.

L’une des raisons du nom de Yitro tient au fait que ce nom est associé à la déclaration du Roi Chlomo dans l’Eclésiaste : il y a « un avantage (yitron) à la sagesse sur la folie tout comme il y a un avantage à la lumière sur l’obscurité ».

Moché : « J’étais un étranger en terre étrangère ». Cela ne signifie pas pour autant qu’un Juif ne peut se familiariser avec le monde extérieur, « le monde étranger », mais cela signifie qu’il doit tout regarder à travers le prisme du Judaïsme.

Il est sûr qu’il y a des Yitro d’aujourd’hui, dont le voyage vers le Judaïsme leur a fait emprunter des chemins sinueux et leur a donné plus de force. Yitro n’est jamais critiqué pour son approche dans sa quête de vérité. Bien au contraire, nos Sages affirment que D.ieu n’aurait pas donné la Torah tant que Yitro n’avait pas rejoint le Peuple juif. Plus encore, la suggestion de Yitro à Moché fut acceptée par D.ieu et incorporée dans le corps même de la Torah, un honneur accordé à personne d’autre.

Et de fait, notre Paracha qui décrit le Don de la Torah au Mont Sinaï, l’événement historique le plus important de notre histoire, s’appelle Yitro. Mais le Yitro historique comme le Yitro moderne ont été, par Providence Divine, élevés dans « des terres étrangères ». C’est tout à leur immense honneur qu’ils possèdent la curiosité intellectuelle et l’intégrité qui permettent à leur recherche de les conduire là où ils doivent aller.

Mais, lorsque l’on se trouve devant le challenge de savoir comment approcher la nouvelle génération qui a grandi dans un environnement juif, la seconde approche est, et de bien loin, la plus bénéfique. Il nous faut doter notre jeunesse d’une pure attitude juive face à tout ce dont les autres domaines de la vie les informent.

En termes pratiques, cela signifie que plutôt que de dire aux enfants ce que disent les autres puis de leur présenter l’approche juive, l’enfant doit se servir de son approche juive comme fondement pour aborder tous les autres savoirs et expériences.

Malheureusement, nous ne contrôlons pas toujours les influences qui nous atteignent, nous et notre jeunesse. Nous sommes toujours en Galout, en exil, ce qui n’est pas seulement un phénomène géographique mais aussi un état d’aliénation de notre propre culture et de notre identité. Nous sommes toujours en « terre étrangère » par bien des aspects ! En tenant compte de ces faits, nous ne devons pas permettre aux « Yitro » bien intentionnés de nous faire pénétrer encore plus profondément dans l’exil et dans sa mentalité. Il nous faut rassembler toute l’énergie que nous possédons pour nous libérer de notre exil intérieur, de notre soumission et de notre capitulation devant le mode de pensée de cette « terre étrangère. »

C’est cette approche qui nous mènera vers l’Ère du Machia’h où nous verrons toute l’existence uniquement dans la perspective de la Torah.

Une erreur

Selon le Midrach, l’accord de Moché à cette condition fut une erreur. Bien que Guerchom ne devînt pas idolâtre, l’un de ses descendants allait être prêtre d’un culte idolâtre. En dernière analyse, l’acceptation de Moché ne fut pas idéale et planta, en quelque sorte, une graine d’idolâtrie qui se matérialiserait dans le futur.

Ce qui émerge de cette analyse est qu’il y a deux approches pour découvrir la vérité.

La première consiste à examiner soigneusement toutes religions, tous les « ismes » et toutes les cultures et suivre méthodiquement le processus d’élimination jusqu’à parvenir finalement à la constatation qu’il y a un D.ieu et qu’Il nous a transmis Son message sur le mont Sinaï.

La seconde approche est de commencer par la fin. Épargnez aux enfants l’épreuve de devoir se battre pour trouver la vérité. Donnez aux enfants le luxe de grandir dans un environnement pur, détendu, où la vérité du Judaïsme n’est pas remise en question. Instillez chez vos jeunes la fierté d’être juifs sans les obliger à aller voir ailleurs où comme le dit la ‘Hassidout explique qu’il se réfère à l’avantage de la lumière et de la sagesse lorsqu’elles surgissent de l’obscurité. Quand une personne prend conscience de la vérité après avoir erré dans l’obscurité, cette vérité est plus lumineuse que lorsque la personne a toujours été exposée à la lumière.

Yitro, fidèle à son nom et à son expérience, voulait que son premier petit-fils parvienne ainsi à une lumière et une sagesse plus intenses, après avoir été exposé à une approche insensée et obscure. Il ne le demandait que pour le premier né, sachant que les autres enfants seraient élevés dans un milieu juif. Mais l’aîné, né et élevé dans un pays étranger et idolâtre, devait, pensait-il, être exposé à cette culture.

La Paracha de cette semaine relate pourquoi Moché nomma son fils aîné Guershom. Ce nom est la contraction de deux mots : « guer sham » qui signifient « un étranger là-bas ». Moché s’exclama, à la naissance de son aîné : « J’étais un étranger dans une terre étrangère », faisant allusion au fait qu’il se trouvait en exil à Midian où il avait rencontré sa future épouse : Tsipora, la fille de Yitro.

Le Midrach contient de nombreux éléments de la tradition orale comblant les ellipses du récit biblique. Il cite ici un incroyable dialogue entre Moché et Yitro qui jette la lumière sur les mots « terre étrangère ».

« Moché dit : ‘Puisque le monde entier sert des idoles qui devrais-je servir ? Celui dont la parole créa le monde’. »

Car lorsque Moché demanda à Yitro de lui donner sa fille Tsipora en mariage, Yitro insista pour qu’il le fasse à la condition que le premier fils de Moché se consacre à l’idolâtrie et les autres enfants à D.ieu.

Le Midrach conclut que Moché accéda à cette requête !

Ce Midrach énigmatique est problématique, et ce, à plus d’un titre. Tout d’abord, combien sont étranges ces mots qui suggèrent que Guerchom, le fils aîné de Moché, devrait être élevé pour devenir un idolâtre. Et ce qui paraît encore plus bizarre est que Moché accepte cette proposition.

De plus, le Midrach introduit ce dialogue par la déclaration catégorique de Moché qu’il n’adorerait que le D.ieu unique. Comment réconcilier cela avec la fin du commentaire du Midrach qui évoque son consentement à élever son fils dans l’idolâtrie ?

Par ailleurs, si Yitro était si friand d’idolâtrie, pourquoi ne formula-t-il pas cette demande pour Moché lui-même ?

Enfin, si Yitro voulait que ses petits-enfants soient idolâtres, pourquoi ne demanda-t-il pas à Moché de les élever tous dans cette tradition ?

Une quête incessante de la vérité

En réalité, si Yitro était connu pour son implication dans de nombreuses religions idolâtres, auxquelles il finit par renoncer au profit du Judaïsme, il n’avait de cesse d’examiner chaque religion en quête de la vérité.

Il finit par comprendre toute leur fausseté et la vérité du Judaïsme. Il trouva la vérité parce qu’il recherchait la vérité.

Yitro ne voulait donc pas que ses petits-enfants soient des idolâtres, à D.ieu ne plaise ! Et même s’il l’avait voulu, Moché n’aurait certainement pas accepté cette condition. Mais il voulait plutôt que l’un des fils de Moché reçoive l’opportunité de rechercher la vérité, en examinant d’abord les autres croyances, pour en venir finalement à la conclusion qu’il n’y a qu’un D.ieu. Dans l’esprit de Yitro, et selon sa propre expérience, l’on pouvait mieux apprécier la vérité quand elle surgit après une recherche laborieuse.

L’une des raisons du nom de Yitro tient au fait que ce nom est associé à la déclaration du Roi Chlomo dans l’Eclésiaste : il y a « un avantage (yitron) à la sagesse sur la folie tout comme il y a un avantage à la lumière sur l’obscurité ».

Moché : « J’étais un étranger en terre étrangère ». Cela ne signifie pas pour autant qu’un Juif ne peut se familiariser avec le monde extérieur, « le monde étranger », mais cela signifie qu’il doit tout regarder à travers le prisme du Judaïsme.

Il est sûr qu’il y a des Yitro d’aujourd’hui, dont le voyage vers le Judaïsme leur a fait emprunter des chemins sinueux et leur a donné plus de force. Yitro n’est jamais critiqué pour son approche dans sa quête de vérité. Bien au contraire, nos Sages affirment que D.ieu n’aurait pas donné la Torah tant que Yitro n’avait pas rejoint le Peuple juif. Plus encore, la suggestion de Yitro à Moché fut acceptée par D.ieu et incorporée dans le corps même de la Torah, un honneur accordé à personne d’autre.

Et de fait, notre Paracha qui décrit le Don de la Torah au Mont Sinaï, l’événement historique le plus important de notre histoire, s’appelle Yitro. Mais le Yitro historique comme le Yitro moderne ont été, par Providence Divine, élevés dans « des terres étrangères ». C’est tout à leur immense honneur qu’ils possèdent la curiosité intellectuelle et l’intégrité qui permettent à leur recherche de les conduire là où ils doivent aller.

Mais, lorsque l’on se trouve devant le challenge de savoir comment approcher la nouvelle génération qui a grandi dans un environnement juif, la seconde approche est, et de bien loin, la plus bénéfique. Il nous faut doter notre jeunesse d’une pure attitude juive face à tout ce dont les autres domaines de la vie les informent.

En termes pratiques, cela signifie que plutôt que de dire aux enfants ce que disent les autres puis de leur présenter l’approche juive, l’enfant doit se servir de son approche juive comme fondement pour aborder tous les autres savoirs et expériences.

Malheureusement, nous ne contrôlons pas toujours les influences qui nous atteignent, nous et notre jeunesse. Nous sommes toujours en Galout, en exil, ce qui n’est pas seulement un phénomène géographique mais aussi un état d’aliénation de notre propre culture et de notre identité. Nous sommes toujours en « terre étrangère » par bien des aspects ! En tenant compte de ces faits, nous ne devons pas permettre aux « Yitro » bien intentionnés de nous faire pénétrer encore plus profondément dans l’exil et dans sa mentalité. Il nous faut rassembler toute l’énergie que nous possédons pour nous libérer de notre exil intérieur, de notre soumission et de notre capitulation devant le mode de pensée de cette « terre étrangère. »

C’est cette approche qui nous mènera vers l’Ère du Machia’h où nous verrons toute l’existence uniquement dans la perspective de la Torah.

Une erreur

Selon le Midrach, l’accord de Moché à cette condition fut une erreur. Bien que Guerchom ne devînt pas idolâtre, l’un de ses descendants allait être prêtre d’un culte idolâtre. En dernière analyse, l’acceptation de Moché ne fut pas idéale et planta, en quelque sorte, une graine d’idolâtrie qui se matérialiserait dans le futur.

Ce qui émerge de cette analyse est qu’il y a deux approches pour découvrir la vérité.

La première consiste à examiner soigneusement toutes religions, tous les « ismes » et toutes les cultures et suivre méthodiquement le processus d’élimination jusqu’à parvenir finalement à la constatation qu’il y a un D.ieu et qu’Il nous a transmis Son message sur le mont Sinaï.

La seconde approche est de commencer par la fin. Épargnez aux enfants l’épreuve de devoir se battre pour trouver la vérité. Donnez aux enfants le luxe de grandir dans un environnement pur, détendu, où la vérité du Judaïsme n’est pas remise en question. Instillez chez vos jeunes la fierté d’être juifs sans les obliger à aller voir ailleurs où comme le dit la ‘Hassidout explique qu’il se réfère à l’avantage de la lumière et de la sagesse lorsqu’elles surgissent de l’obscurité. Quand une personne prend conscience de la vérité après avoir erré dans l’obscurité, cette vérité est plus lumineuse que lorsque la personne a toujours été exposée à la lumière.

Yitro, fidèle à son nom et à son expérience, voulait que son premier petit-fils parvienne ainsi à une lumière et une sagesse plus intenses, après avoir été exposé à une approche insensée et obscure. Il ne le demandait que pour le premier né, sachant que les autres enfants seraient élevés dans un milieu juif. Mais l’aîné, né et élevé dans un pays étranger et idolâtre, devait, pensait-il, être exposé à cette culture.

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