Kora’h
Mosaic Express | July 05, 2024
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Kora’h

Mosaic Express | June 27, 2025

LA SIDRA DE LA SEMAINE

KORA’H

Kora’h, briguant pour lui-même la Prêtrise et le poste de dirigeant, confiés par D.ieu respectivement à Aharon et à Moché, est l’instigateur d’une révolte. D.ieu donne la preuve visible aux yeux de tous de la justesse de Son choix en faveur de Moché et d’Aharon. D.ieu ordonne qu’une Teroumah (« prélèvement ») de chaque récolte de blé, de vin et d’huile ainsi que chaque premier-né ovin ou bovin et d’autres présents spécifiques (24 au total), soient remis aux Cohanim (les Prêtres).

LA RÉVOLTE

Quatre individus organisent une révolte contre Moché et Aharon et leur disent : « C’est trop pour vous ! Toute la communauté est sainte et D.ieu réside parmi eux, pourquoi vous placez-vous au-dessus de l’assemblée de D.ieu ? »

Moché répond à Kora’h, qui se trouve être son cousin germain, dans des mots brefs et émouvants, désirant le convaincre qu’Aharon a été désigné par D.ieu dans son rôle de Cohen. Puis, relate la Torah, Moché envoie chercher Datan et Aviram. « Nous ne viendrons pas ! Ne suffit-il pas que toi [Moché] nous aies fait sortir d’une terre [l’Égypte] où coulaient le lait et le miel, juste pour nous tuer dans le désert ? Quel droit avez-vous de vous placer au-dessus de nous ? Même si tu nous crevais les yeux, nous ne viendrions pas ! »

Il est clair qu’ils ne céderont pas. Ils sont déterminés, avec Kora’h, à destituer Moché et Aharon. D.ieu intervient alors. Il est décidé à éradiquer ces rebelles qui tentent de discréditer Moché comme dirigeant du Peuple juif et transmetteur de la Loi de D.ieu. Il ordonne à Moché d’annoncer à toute la communauté : « Retirez-vous de la tente de Kora’h, Datan et Aviram ». Un sort tragique les attend.

Cependant, avant que Moché n’exécute l’ordre de D.ieu, une scène inattendue est relatée : « Moché se leva et se dirigea vers Datan et Aviram. » D.ieu venait d’ordonner à tous de se retirer. Pourquoi donc s’approche-t-il d’eux, apparemment en dépit de l’ordre de D.ieu ?

Moché tentait, une dernière fois, de les persuader de baisser les armes. Il tentait de sauver leur vie. Mais en vain. Le Talmud commentant cette scène déclare : « De là, nous apprenons qu’il ne faut jamais poursuivre une querelle ».

Pourquoi est-ce d’ici que nous dérivons cette injonction ? Il a déjà été dit : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur... Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » (Vayikra 19 :17-18). Ce commandement direct ne nous enseigne-t-il pas déjà de ne jamais prolonger une querelle ou un désaccord mais de toujours tenter d’enrayer le conflit ? Pourquoi les Sages du Talmud jugent-ils nécessaire de dériver cette injonction de ce verset ambigu, en particulier : « Moché se leva et se dirigea vers Datan et Aviram » ?

UN PORTRAIT DES REBELLES

Qui sont Dathan et Aviram ? Quatre incidents les concernant nous permettent de les cerner. Près de soixante-dix ans plus tôt, Moché ayant grandi, s’enquiert du sort de ses frères juifs. Il voit leur souffrance, tue un Égyptien en train de maltraiter un Juif et le cache dans le sable. Le lendemain, essayant d’intervenir dans une querelle entre deux Juifs, l’un des protagonistes lui assène : « Qui t’a fait homme, prince et juge sur nous ? As-tu l’intention de m’abattre comme tu as abattu l’Égyptien ? » Moché prend peur : « Vraiment la chose est connue ! » Il s’enfuit. Qui étaient ces deux hommes se querellant : Datan et Aviram.

Le deuxième incident se produit alors que, peu après l’Exode, la Manne commence à tomber quotidiennement. Moché enjoint le Peuple juif de ne pas en mettre de côté et d’avoir la foi qu’ils en trouveront le lendemain matin. Deux individus dérogent à cette injonction : Datan et Aviram.

Le troisième incident se produit un an après le retour des Explorateurs de Terre Sainte, lorsqu’ils dissuadent le peuple d’entrer en Israël et la réaction de colère devant la punition de rester quarante ans dans le désert. Le verset nous dit : « Et un homme dit à son frère : ‘Nommons un chef et retournons en Égypte !’ » A nouveau, la tradition nous enseigne que cette conversation se tenait entre Datan et Aviram.

Le quatrième épisode a lieu dans notre Paracha. Ces hommes ne s’en prennent pas à Moché pour des raisons idéologiques mais ils sont poussés par la soif du pouvoir et la jalousie devant le prestige de Moché. Ils sont décidés à lui porter atteinte, par tous les moyens, et ce, depuis plus de soixante-dix ans. Dans ces conditions, il est bien étonnant de voir Moché s’approcher d’eux dans une tentative pacificatrice, après avoir écarté tout le peuple et en dépit de l’ordre de D.ieu.

UN DÉVOUEMENT ILLIMITÉ

Il nous est ici permis d’entrevoir ce qui faisait de Moché, l’être humain qu’il était. Son dévouement, sa loyauté et son amour pour chaque membre particulier de son peuple ne connaissaient pas de frontières. Même vis-à-vis de ses plus cruels ennemis, engagés dans une guerre intensive et de longue date contre lui, il ne renonça pas à une occasion de chercher la paix avec eux et à essayer de leur sauver la vie.

En dernier ressort, c’est le verset « Moché se leva et se dirigea vers Datan et Aviram » qui nous démontre pourquoi la révolte contre Moché était si profondément inappropriée. C’était l’identification sans compromis de Moché avec son peuple, quelle que soit la profondeur de l’abîme dans laquelle certains individus étaient tombés, que lui donnait toute sa qualification pour détenir le pouvoir. Seul à un être humain si altruiste et humble, tant de pouvoir pouvait-il être confié. Le dévouement extraordinaire de Moché pour son peuple en faisait le dirigeant juif authentique et absolu.

SEULEMENT LA PAIX

Nous pouvons désormais comprendre le commentaire du Talmud : « De là, nous apprenons qu’il ne faut jamais rester en querelle ».

L’instruction biblique : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur... Tu aimeras ton prochain comme toi-même » suggère simplement qu’il ne faut pas entretenir d’animosité dans son cœur ; il faut exprimer ses griefs, les gérer et en dernier lieu apprendre à aimer son prochain, puisque, au niveau profond de notre âme, nous sommes les enfants de D.ieu.

Mais que se passe-t-il quand l’on ressent que quelqu’un a de véritables problèmes avec nous qui le conduisent à nous haïr ? Que se passe-t-il quand l’on réalise que, quoi que l’on fasse, la personne ne changera jamais ? Pourquoi ne pas simplement l’occulter et accepter cette querelle comme un fait irrévocable de la vie. Pourquoi ne pas faire la paix avec cette situation de guerre ?

C’est ce que Moché nous enseigna au moment où « il se leva et se dirigea vers Datan et Aviram ».

NE JAMAIS POURSUIVRE UNE QUERELLE

Malgré le fait qu’il aurait pu, à juste titre, assumer que ses adversaires ne changeraient pas de position, il ne permit à aucune supposition, basée sur ses expériences préalables, de l’arrêter dans ses efforts pacificateurs. Moché savait que les désaccords et l’animosité parmi les Juifs étaient une maladie maline et il ne voulait à aucun prix renoncer à quelque opportunité que ce soit de l’enrayer !

Dans le Tanya, Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi déclare : « Chaque âme de la maison d’Israël...

LA SIDRA DE LA SEMAINE

KORA’H

Kora’h, briguant pour lui-même la Prêtrise et le poste de dirigeant, confiés par D.ieu respectivement à Aharon et à Moché, est l’instigateur d’une révolte. D.ieu donne la preuve visible aux yeux de tous de la justesse de Son choix en faveur de Moché et d’Aharon. D.ieu ordonne qu’une Teroumah (« prélèvement ») de chaque récolte de blé, de vin et d’huile ainsi que chaque premier-né ovin ou bovin et d’autres présents spécifiques (24 au total), soient remis aux Cohanim (les Prêtres).

LA RÉVOLTE

Quatre individus organisent une révolte contre Moché et Aharon et leur disent : « C’est trop pour vous ! Toute la communauté est sainte et D.ieu réside parmi eux, pourquoi vous placez-vous au-dessus de l’assemblée de D.ieu ? »

Moché répond à Kora’h, qui se trouve être son cousin germain, dans des mots brefs et émouvants, désirant le convaincre qu’Aharon a été désigné par D.ieu dans son rôle de Cohen. Puis, relate la Torah, Moché envoie chercher Datan et Aviram. « Nous ne viendrons pas ! Ne suffit-il pas que toi [Moché] nous aies fait sortir d’une terre [l’Égypte] où coulaient le lait et le miel, juste pour nous tuer dans le désert ? Quel droit avez-vous de vous placer au-dessus de nous ? Même si tu nous crevais les yeux, nous ne viendrions pas ! »

Il est clair qu’ils ne céderont pas. Ils sont déterminés, avec Kora’h, à destituer Moché et Aharon. D.ieu intervient alors. Il est décidé à éradiquer ces rebelles qui tentent de discréditer Moché comme dirigeant du Peuple juif et transmetteur de la Loi de D.ieu. Il ordonne à Moché d’annoncer à toute la communauté : « Retirez-vous de la tente de Kora’h, Datan et Aviram ». Un sort tragique les attend.

Cependant, avant que Moché n’exécute l’ordre de D.ieu, une scène inattendue est relatée : « Moché se leva et se dirigea vers Datan et Aviram. » D.ieu venait d’ordonner à tous de se retirer. Pourquoi donc s’approche-t-il d’eux, apparemment en dépit de l’ordre de D.ieu ?

Moché tentait, une dernière fois, de les persuader de baisser les armes. Il tentait de sauver leur vie. Mais en vain. Le Talmud commentant cette scène déclare : « De là, nous apprenons qu’il ne faut jamais poursuivre une querelle ».

Pourquoi est-ce d’ici que nous dérivons cette injonction ? Il a déjà été dit : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur... Tu aimeras ton prochain comme toi-même ! » (Vayikra 19 :17-18). Ce commandement direct ne nous enseigne-t-il pas déjà de ne jamais prolonger une querelle ou un désaccord mais de toujours tenter d’enrayer le conflit ? Pourquoi les Sages du Talmud jugent-ils nécessaire de dériver cette injonction de ce verset ambigu, en particulier : « Moché se leva et se dirigea vers Datan et Aviram » ?

UN PORTRAIT DES REBELLES

Qui sont Dathan et Aviram ? Quatre incidents les concernant nous permettent de les cerner. Près de soixante-dix ans plus tôt, Moché ayant grandi, s’enquiert du sort de ses frères juifs. Il voit leur souffrance, tue un Égyptien en train de maltraiter un Juif et le cache dans le sable. Le lendemain, essayant d’intervenir dans une querelle entre deux Juifs, l’un des protagonistes lui assène : « Qui t’a fait homme, prince et juge sur nous ? As-tu l’intention de m’abattre comme tu as abattu l’Égyptien ? » Moché prend peur : « Vraiment la chose est connue ! » Il s’enfuit. Qui étaient ces deux hommes se querellant : Datan et Aviram.

Le deuxième incident se produit alors que, peu après l’Exode, la Manne commence à tomber quotidiennement. Moché enjoint le Peuple juif de ne pas en mettre de côté et d’avoir la foi qu’ils en trouveront le lendemain matin. Deux individus dérogent à cette injonction : Datan et Aviram.

Le troisième incident se produit un an après le retour des Explorateurs de Terre Sainte, lorsqu’ils dissuadent le peuple d’entrer en Israël et la réaction de colère devant la punition de rester quarante ans dans le désert. Le verset nous dit : « Et un homme dit à son frère : ‘Nommons un chef et retournons en Égypte !’ » A nouveau, la tradition nous enseigne que cette conversation se tenait entre Datan et Aviram.

Le quatrième épisode a lieu dans notre Paracha. Ces hommes ne s’en prennent pas à Moché pour des raisons idéologiques mais ils sont poussés par la soif du pouvoir et la jalousie devant le prestige de Moché. Ils sont décidés à lui porter atteinte, par tous les moyens, et ce, depuis plus de soixante-dix ans. Dans ces conditions, il est bien étonnant de voir Moché s’approcher d’eux dans une tentative pacificatrice, après avoir écarté tout le peuple et en dépit de l’ordre de D.ieu.

UN DÉVOUEMENT ILLIMITÉ

Il nous est ici permis d’entrevoir ce qui faisait de Moché, l’être humain qu’il était. Son dévouement, sa loyauté et son amour pour chaque membre particulier de son peuple ne connaissaient pas de frontières. Même vis-à-vis de ses plus cruels ennemis, engagés dans une guerre intensive et de longue date contre lui, il ne renonça pas à une occasion de chercher la paix avec eux et à essayer de leur sauver la vie.

En dernier ressort, c’est le verset « Moché se leva et se dirigea vers Datan et Aviram » qui nous démontre pourquoi la révolte contre Moché était si profondément inappropriée. C’était l’identification sans compromis de Moché avec son peuple, quelle que soit la profondeur de l’abîme dans laquelle certains individus étaient tombés, que lui donnait toute sa qualification pour détenir le pouvoir. Seul à un être humain si altruiste et humble, tant de pouvoir pouvait-il être confié. Le dévouement extraordinaire de Moché pour son peuple en faisait le dirigeant juif authentique et absolu.

SEULEMENT LA PAIX

Nous pouvons désormais comprendre le commentaire du Talmud : « De là, nous apprenons qu’il ne faut jamais rester en querelle ».

L’instruction biblique : « Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur... Tu aimeras ton prochain comme toi-même » suggère simplement qu’il ne faut pas entretenir d’animosité dans son cœur ; il faut exprimer ses griefs, les gérer et en dernier lieu apprendre à aimer son prochain, puisque, au niveau profond de notre âme, nous sommes les enfants de D.ieu.

Mais que se passe-t-il quand l’on ressent que quelqu’un a de véritables problèmes avec nous qui le conduisent à nous haïr ? Que se passe-t-il quand l’on réalise que, quoi que l’on fasse, la personne ne changera jamais ? Pourquoi ne pas simplement l’occulter et accepter cette querelle comme un fait irrévocable de la vie. Pourquoi ne pas faire la paix avec cette situation de guerre ?

C’est ce que Moché nous enseigna au moment où « il se leva et se dirigea vers Datan et Aviram ».

NE JAMAIS POURSUIVRE UNE QUERELLE

Malgré le fait qu’il aurait pu, à juste titre, assumer que ses adversaires ne changeraient pas de position, il ne permit à aucune supposition, basée sur ses expériences préalables, de l’arrêter dans ses efforts pacificateurs. Moché savait que les désaccords et l’animosité parmi les Juifs étaient une maladie maline et il ne voulait à aucun prix renoncer à quelque opportunité que ce soit de l’enrayer !

Dans le Tanya, Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi déclare : « Chaque âme de la maison d’Israël...

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