EPREUVES BRILLAMMENT SURMONTÉES
Avraham, le premier Juif, se distingua de manière exemplaire à plusieurs égards. Outre sa foi exceptionnelle et sa bonté, il est réputé pour avoir surmonté, de manière excellente, « les Dix Épreuves » soumises par D.ieu. La première épreuve mentionnée dans la Torah, dans la Paracha de cette semaine, énonce : « Pars pour toi-même du pays où tu résides, de ta patrie et de la maison de ton père, vers le pays que Je te montrerai. »
Avraham réussit brillamment cette épreuve. Malgré les difficultés inhérentes à l’abandon d’un environnement familier et la séparation avec ses proches pour se rendre en terre inconnue, il ne manifesta aucune hésitation à suivre les instructions divines qui lui étaient adressées.
Avraham représentait un modèle exemplaire de vertu. Il incarnait l’idéal juif par son altruisme et son désintéressement. Sa dévotion et sa passion pour D.ieu étaient largement reconnues. Or, lorsqu’il s’agit d’un amour véritable, il n’existe ni désir ni besoin de récompense.
POURQUOI UNE RÉCOMPENSE ?
Si cette hypothèse est valide, une interrogation légitime se pose : pourquoi D.ieu promit-Il à Avraham qu’Il l’envoyait pour son propre bien, lui assurant ainsi richesse, descendance et renommée ? Avraham était assurément la dernière personne à qui il était nécessaire de garantir des récompenses terrestres.
DEUX FORMES DE RÉCOMPENSE
La réponse à cette interrogation réside dans l’existence de deux formes distinctes de récompense. La première correspond à la récompense que D.ieu accorde comme l’expression de Sa satisfaction vis-à-vis de notre comportement. Ce type de récompense vise à motiver l’individu à adopter des conduites vertueuses, tout comme la menace d’une sanction a pour objectif de dissuader de commettre acte répréhensible.
Cependant, il existe une seconde forme de récompense, fondamentalement différente. La récompense physique constitue la manifestation tangible de l’énergie spirituelle générée par nos actions positives. Lorsqu’une expérience positive demeure confinée au domaine spirituel, cela indique que cette expérience est limitée à ce seul registre. En revanche, lorsque cette expérience spirituelle se manifeste dans le monde physique, cela témoigne d’un accomplissement spirituel élevé, signalant ainsi que la dichotomie entre les sphères spirituelle et matérielle a été transcendée ; la barrière séparant ces deux mondes a été franchie.
Tel est le message que D.ieu adressait à Avraham : lorsqu’il relèvera le défi et atteindra les plus hauts sommets spirituels, cela transformera le monde. Tous pourront alors percevoir comment sa dévotion envers D.ieu s’est concrétisée dans tous les aspects de son existence. Les bénédictions qu’il engendrera seront si puissantes qu’elles influenceront également sa vie matérielle.
Il importe de souligner que la perspective des bénéfices matériels ne visait pas à séduire Avraham afin qu’il quitte son lieu d’origine pour un territoire inconnu. L’intention était plutôt de lui signifier que sa mission visant à transformer le monde par la diffusion des enseignements du monothéisme et de la justice porterait ses fruits. En effet, il deviendra évident pour tous - y compris durant sa propre vie - que D.ieu est bienveillant et que mener une existence conforme aux préceptes divins est bénéfique sur tous les plans. Il ne sera donc pas nécessaire d’attendre une génération ultérieure pour constater l’accomplissement des promesses divines.