En réalité, deux approches sont possibles dans l’exercice de la « puissance » juive dans les temps du Galout (Exil). La première, nous le verrons, dérive du paradigme de Yossef pour le rôle de dirigeant, et la seconde est basée sur le modèle de Yehouda. Et c’est ce dernier qui est le précurseur du leadership du Machia’h, son descendant, qui incorporera celui de Yossef et les unira.
La première forme de contrôle de notre situation en Galout a ses limites. Elle doit se conformer aux lois de la nature et aux normes sociales. C’est le modèle de Yossef. Il dirige l’Égypte mais sa puissance s’appuie sur le système dont il fait partie intégrante, elle en dérive et en est limitée. S’il est vrai que Yossef est réellement « le dirigeant sur toute la terre », il occupe cette position selon le bon gré du Pharaon. Le Pharaon l’affirme lui-même quand il dit à Yossef : « ce n’est que par la vertu du trône que je serai plus grand que toi ». Yossef est toujours connecté, bien que très subtilement, aux conventions et aux paramètres du monde qui l’entoure. Et c’est dans ces paramètres qu’il peut diriger l’Égypte et accueillir ses frères.
La seconde forme se présente lorsque le Juif se tient au-dessus des contraintes de la nature et certainement au-dessus des forces les plus oppressives de l’exil. Cette dynamique de Yehouda peut dicter aux forces comment elles doivent se comporter, tout comme Yehouda parla avec effronterie à Yossef, qu’il pensait n’être que le leader de l’Égypte.
En fait, une personnalité semblable à Yehouda peut même altérer les normes de la société. Yehouda ne demanda pas la permission à Yossef pour s’approcher de lui et s’adresser à lui. Il fut indifférent à l’étiquette du palais et aux conventions sociales. Et pourtant, ce fut l’effronterie de Yehouda qui conduisit Yossef au point où « il ne put plus se retenir ». Cette approche hardie résultat en la réconciliation avec Yossef, la prospérité et le contrôle sur l’Égypte dont les Juifs purent initialement jouir, ce sur quoi se conclut la Paracha de cette semaine.
