Rachi explique au sujet du premier verset de la Paracha : «Dis et tu diras – pour responsabiliser les grands sur les petits». Effectivement, il incombe aux grands d’éduquer et de guider les plus jeunes. Comme l'énonce le dicton de nos Sages : « S’il n’y a pas de jeunes chèvres, il n’y aura pas de béliers. » La continuité des générations dépend grandement de l’éducation et de la transmission. Une question se pose quant à la place dans le cycle des lectures hebdomadaires, de cet enseignement. Si la transmission est un sujet si important, n’était-il pas plus approprié de le mentionner immédiatement après le récit du don de la Torah, lorsque les fondements centraux du peuple d’Israël ont été établis. Pourquoi la Torah attend-elle jusqu’à la Parachat Emor – plusieurs semaines après la Paracha qui nous parle du Don de la Torah, dans la Parachat Ytro ?
Pour comprendre cela, il faut expliquer le lien entre notre Sidra et le moment où de sa lecture. Selon le principe du Chlah (Rav Yéchayahou Horowitz), il y a toujours un lien étroit entre les Parachiot et la semaine où elles sont lues. Emor est toujours lue durant la période du Omer, préparation à la fête de Chavouot, la fête du Don de la Torah aux Bné Israel.
Une période d’initiation
Le point commun entre Séfirat HaOmer- le Compte du Omer et la Parachat Emor est le sujet de l’éducation. Après la naissance du peuple d’Israël lors de sa sortie d’Égypte, débuta une période de "formation" en vu du Don de la Tora. À l'image d'un jeune enfant , les Bné Israël furent éduqués afin d’être aptes à recevoir la Torah.
Dans un certain sens , les jours du Omer sont donc des jours consacrés à l’éducation ! Ce sujet est d'ailleurs évoqué dès le début de la Paracha de la semaine, comme cela est souligné par Rachi dans son commentaire « Dis et tu diras – pour responsabiliser les grands sur les petits »
De façon plus profonde et plus large , la période du Omer ne correspond pas seulement à l’éducation d’un petit enfant mais également pour tous les âges, des plus grands aux plus petits. Nous comptons les jours pour travailler sur nous-même spirituellement et perfectionner nos traits de caractère. Jour après jour, on essaye de s'améliorer, de travailler sur son accomplissement personnel. En d’autres termes , le compte du Omer ne vise pas uniquement l’éducation de ce qui est nécessaire et obligatoire, comme les apprentissages d’un petit enfant. Il nous fait aspirer à un niveau plus élevé, celui de chercher un raffinement encore plus noble et accomplir la Torah et les Mitsvot, le plus parfaitement chacun selon son propre niveau , bien évidemment.
Éducation à la connexion intérieure
Ainsi, nous pouvons comprendre le message éducatif de notre Paracha. Il s’agit ici de « responsabiliser les adultes sur les plus jeunes » en cette période du Omer, de ne pas se contenter seulement de l’éducation de base mais plutôt d’élever l’enfant à un niveau supérieur, celui d'une éducation qui dépasse la simple obligation d’observer des règles. Une telle éducation ne pourrait pas commencer immédiatement après la remise de la Torah ; au contraire, il faut attendre un peu pour saisir la bonne opportunité, puis commencer à se travailler profondément, se corriger et s’améliorer. C’est pourquoi la Torah diffère la lecture de la Parachat Emor jusqu’à la période du Omer. Au début, il faut mettre l’accent sur nos devoirs envers la Torah, comme dans Parachat Ytro. Puis, on prend conscience de la nécessité de commencer un travail plus profond pour atteindre la perfection et le raffinement de tout notre être, comme dans la période du Omer.
Éduquer le « petit »
En outre, on pourrait croire qu’éduquer le petit est un devoir supplémentaire par rapport à notre progression personnelle. En vérité, ce n’est qu’une seule et même chose. Au contraire, c’est seulement en influençant l’autre, le «petit spirituel» qu’on peut atteindre la perfection personnelle, car vraiment tout le monde (les grands et les petits) est comme une seule âme et un seul corps, une unité qu’il est impossible de diviser. Cette dimension n’est pas ressentie ouvertement aujourd’hui, mais elle se révélera dans toute sa plénitude lors de la Guéoula, lors de la véritable union entre les enfants d’Israël et Hachem .
Adapté d’un discours du Rabbi - EMOR 5750
