Yaakov vit prophétiquement dans le futur et connaissait le secret de la survie du Peuple juif. Il savait que ce qui triompherait finalement de l’exil est l’unité. En fait, nos Sages nous informent que le Second Temple fut détruit à cause de la haine gratuite qui prévalait alors au sein du Peuple juif.
La manière de corriger la force destructrice, de restaurer le Beth Hamikdach et de faire venir l’Ere Messianique était d’annihiler la jalousie et l’animosité, premières responsables de l’exil.
C’est pourquoi Yaakov aurait pu arguer que s’il avait pu effacer la jalousie entre ses différents enfants, eux-mêmes fondateurs de diverses approches du service de D.ieu, il aurait pu donner à la future nation juive la possibilité de surmonter ses divisions néfastes.
Yaakov voulait leur inculquer l’amour réciproque inconditionnel qui serait crucial pour le futur de la Nation juive. Le véritable test de cet amour est réussi quand un autre frère, et tout particulièrement s’il est plus jeune, reçoit la préférence, sans pour autant soulever la jalousie de son aîné. Quand tous sont égaux, la loyauté et l’amour inconditionnels qui les animent ne représentent pas un défi à surmonter.
Si Yaakov « se trompa » c’est que le test auquel il soumit ses fils était prématuré : ils n’étaient pas prêts à recevoir la leçon. Il ne réalisa pas l’étendue de son traitement préférentiel à l’égard de Yossef qui aboutirait à ces résultats désastreux. Il contemplait ses fils de sa propre perspective spirituelle et voyait leur potentiel inhérent pour l’unité, avant même qu’ils soient prêts à le réaliser.
En d’autres termes, Yaakov les considéraient à travers les yeux du futur et voyait comment ils finiraient dans l’unité ultime.
Cependant nos Sages affirment que lorsque de véritables justes poursuivent un certain but, ils l’atteindront inévitablement. Les efforts de Yaakov pour instiller un véritable amour dans les âmes de ses enfants aboutit finalement dans la génération suivante avec Éphraïm et Ménaché. Tous deux symbolisent l’idéal que clame le Roi David dans les Tehilim : « Comme il est bon et agréable que les frères résident ensemble ».
Il n’y avait pas une once de jalousie ou de ressentiments entre Éphraïm et Ménaché, pas plus que les frères de Yossef ne ressentirent d’animosité contre Yossef du fait que ses fils reçurent une part de tribu supplémentaire. C’était une nouvelle génération et une nouvelle dynamique s’instaura.
Après tous les efforts accomplis par Yaakov, Yossef et ses frères, Yaakov ressentait qu’ils s’étaient débarrassés de leur jalousie et qu’ils étaient prêts pour l’Ère Messianique.
