VAYICHLACH
Mosaic Express | December 03, 2023
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VAYICHLACH

Mosaic Express | December 31, 2025

VAYICHLA’H

Après un séjour de vingt ans à ‘Haran, Yaakov revient en Terre Sainte. Il envoie des anges émissaires à Essav, dans l’espoir d’une réconciliation mais il s’avère qu’Essav est sur le chemin de la guerre avec quatre cents hommes armés. Yaakov se prépare à la guerre, prie et envoie un cadeau considérable à Essav.

En cette nuit, Yaakov fait traverser la rivière Yabok aux siens mais il reste en arrière et rencontre un ange, représentant l’esprit d’Essav avec lequel il se bat jusqu’à l’aube. Malgré une hanche disloquée, il sort vainqueur du combat et reçoit de l’ange le nom Israël qui signifie « il l’a emporté sur le Divin ».

La rencontre entre les deux frères a lieu, ils s’embrassent mais se séparent. Yaakov s’installe sur un terrain qu’il achète près de Ch’hem. Le prince de cette ville, Ch’hem abuse de Dinah, la fille de Yaakov et ses deux frères, Chimone et Lévi la vengent en tuant tous les hommes de la ville.

Yaakov continue sa route. Ra’hel meurt en donnant naissance à son second fils, Binyamine. Elle est enterrée au bord de la route, près de Beth Lé’hem.

Réouven perd son droit d’aînesse en commettant une indiscrétion par rapport à la vie intime de son père.

Yaakov arrive à ‘Hévron, chez son père, qui meurt plus tard, à l’âge de 180 ans (Rivkah est morte avant le retour de Yaakov).

La Paracha se conclut par le décompte détaillé des femmes, enfants et petits-enfants d’Essav, l’histoire du peuple de Séïr au sein duquel s’installe Essav et par la liste des huit rois qui dirigent Edom, la terre des descendants d’Essav et de Séïr.

LA LUTTE AVEC L’ANGE GARDIEN D’ESSAV

Yaakov revenait chez lui après un séjour de 22 ans chez son oncle Lavan, où il avait établi une famille et amassé une gigantesque fortune. Il est désormais sur le point de confronter son frère Essav dont il s’est « approprié » les bénédictions que leur père lui réservait.

Avant qu’il ne le rencontre, la Torah relate la façon dont il a envoyé toute sa famille au-devant et le fait qu’il reste seul. A ce moment précis, un « homme » combat avec lui toute la nuit jusqu’à ce que Yaakov l’emporte.

Nos Sages nous expliquent que ce n’était pas un homme ordinaire avec qui il se battit mais l’ange gardien d’Essav. Cette confrontation laissait présager la lutte que la descendance de Yaakov, la nation juive, serait destinée à mener face à ceux qui auraient hérité de l’esprit d’Essav.

La précision apportée, indiquant que ce combat eut lieu alors que Yaakov était resté seul, nous permet de déduire l’enseignement évident selon lequel les menaces qui accablent le Peuple juif ne peuvent s’abattre que lorsque nous ne nous unissons pas et que nous nous tenons seuls.

Mais là n’est pas la seule leçon que nous pouvons tirer des mots qu’emploie la Torah pour caractériser cette lutte. La Torah utilise, dans sa description, le terme « Vayéavkou » qui peut se traduire de deux façons. Ce mot généralement rendu par « et ils luttèrent » représente en fait deux caractéristiques d’un combat.

On peut le traduire par « et ils s’enlacèrent » ou bien par « et ils soulevèrent de la poussière ». Quand des personnes se battent, elles s’enlacent effectivement et elles soulèvent de la poussière qui s’élève dans l’air.

LE PARADIGME POUR LE FUTUR

En s’appuyant sur la notion que la confrontation de Yaakov avec l’ange est un paradigme pour toutes les luttes à venir du Peuple juif contre ses ennemis, il nous faut tenter de comprendre quelles sont les deux caractéristiques d’une lutte qui implique de « s’embrasser » et de « soulever de la poussière », par rapport à nos combats personnels face à nos adversaires physiques et spirituels.

Dans une certaine perspective, le ‘Hatam Sofèr (l’un des plus grandes maîtres hala’hiques et leaders du Peuple juif, au 18ème siècle) explique qu’il y a deux méthodes qu’ont traditionnellement utilisées les nations du monde pour nous détourner de notre religion. Elles peuvent essayer de nous jeter de la poussière au visage, de manière figurée, en nous persécutant constamment, en nous ridiculisant et en nous rabaissant au niveau de la poussière de la terre. Et quand elles réalisent que la persécution et le ridicule ne fonctionnent pas, elles tentent de nous prendre dans leur étreinte et leur embrassade pour nous inciter à nous assimiler à leur culture et abandonner les traditions juives.

Il se trouve que dans cette vision des choses, le combat avec l’ange d’Essav est considéré comme une expérience négative. Il nous faut apprendre comment éviter cette bagarre et ne pas être attaqués ou attirés par notre adversaire.

NE PAS S’ENGAGER ET NE PAS EMBRASSER

L’on peut également comprendre cette lutte avec l’ange de manière positive. Plutôt que de l’envisager comme un combat contre un adversaire, on peut la voir comme un guide sur la manière de faire face à nos ennemis et ainsi de surmonter ce défi, ce qui constitue le but de notre existence.

D.ieu nous a précisément placés dans cette position car Il veut que nous confrontions Essav et ce qu’il représente. La vie n’est pas seulement une question d’auto-défense et d’évitement de l’influence du mal. Il s’agit également de s’engager dans le monde « extérieur » et de le changer, comme dans le récit du combat de Yaakov. L’ange finit par déclarer que Yaakov est le maître (traduction du nom « Israël ») et non un suiveur (traduction du nom Yaakov : « talon »). Quand les forces d’Essav elles-mêmes reconnaissent la beauté des valeurs de Yaakov, il apparaît que ce combat est fructueux et désirable.

En revanche, lorsque nous sommes engagés dans cet « effort » et relevons le défi de transformer l’ange d’Essav, lui-même, nous ne devons pas abaisser nos standards, quand bien même il s’agit d’entrer en relation avec l’Essav du monde. Il ne nous faut pas permettre à l’ange d’Essav de nous « embrasser » par sa manière de penser. Bien au contraire, nous devons être ceux qui l’influencent. Et par ailleurs, nous ne devons lui permettre de « soulever la poussière » à tel point que nous n’ayons plus la même appréciation de nos propres valeurs, parce qu’elles sont recouvertes de poussière.

VAYICHLA’H

Après un séjour de vingt ans à ‘Haran, Yaakov revient en Terre Sainte. Il envoie des anges émissaires à Essav, dans l’espoir d’une réconciliation mais il s’avère qu’Essav est sur le chemin de la guerre avec quatre cents hommes armés. Yaakov se prépare à la guerre, prie et envoie un cadeau considérable à Essav.

En cette nuit, Yaakov fait traverser la rivière Yabok aux siens mais il reste en arrière et rencontre un ange, représentant l’esprit d’Essav avec lequel il se bat jusqu’à l’aube. Malgré une hanche disloquée, il sort vainqueur du combat et reçoit de l’ange le nom Israël qui signifie « il l’a emporté sur le Divin ».

La rencontre entre les deux frères a lieu, ils s’embrassent mais se séparent. Yaakov s’installe sur un terrain qu’il achète près de Ch’hem. Le prince de cette ville, Ch’hem abuse de Dinah, la fille de Yaakov et ses deux frères, Chimone et Lévi la vengent en tuant tous les hommes de la ville.

Yaakov continue sa route. Ra’hel meurt en donnant naissance à son second fils, Binyamine. Elle est enterrée au bord de la route, près de Beth Lé’hem.

Réouven perd son droit d’aînesse en commettant une indiscrétion par rapport à la vie intime de son père.

Yaakov arrive à ‘Hévron, chez son père, qui meurt plus tard, à l’âge de 180 ans (Rivkah est morte avant le retour de Yaakov).

La Paracha se conclut par le décompte détaillé des femmes, enfants et petits-enfants d’Essav, l’histoire du peuple de Séïr au sein duquel s’installe Essav et par la liste des huit rois qui dirigent Edom, la terre des descendants d’Essav et de Séïr.

LA LUTTE AVEC L’ANGE GARDIEN D’ESSAV

Yaakov revenait chez lui après un séjour de 22 ans chez son oncle Lavan, où il avait établi une famille et amassé une gigantesque fortune. Il est désormais sur le point de confronter son frère Essav dont il s’est « approprié » les bénédictions que leur père lui réservait.

Avant qu’il ne le rencontre, la Torah relate la façon dont il a envoyé toute sa famille au-devant et le fait qu’il reste seul. A ce moment précis, un « homme » combat avec lui toute la nuit jusqu’à ce que Yaakov l’emporte.

Nos Sages nous expliquent que ce n’était pas un homme ordinaire avec qui il se battit mais l’ange gardien d’Essav. Cette confrontation laissait présager la lutte que la descendance de Yaakov, la nation juive, serait destinée à mener face à ceux qui auraient hérité de l’esprit d’Essav.

La précision apportée, indiquant que ce combat eut lieu alors que Yaakov était resté seul, nous permet de déduire l’enseignement évident selon lequel les menaces qui accablent le Peuple juif ne peuvent s’abattre que lorsque nous ne nous unissons pas et que nous nous tenons seuls.

Mais là n’est pas la seule leçon que nous pouvons tirer des mots qu’emploie la Torah pour caractériser cette lutte. La Torah utilise, dans sa description, le terme « Vayéavkou » qui peut se traduire de deux façons. Ce mot généralement rendu par « et ils luttèrent » représente en fait deux caractéristiques d’un combat.

On peut le traduire par « et ils s’enlacèrent » ou bien par « et ils soulevèrent de la poussière ». Quand des personnes se battent, elles s’enlacent effectivement et elles soulèvent de la poussière qui s’élève dans l’air.

LE PARADIGME POUR LE FUTUR

En s’appuyant sur la notion que la confrontation de Yaakov avec l’ange est un paradigme pour toutes les luttes à venir du Peuple juif contre ses ennemis, il nous faut tenter de comprendre quelles sont les deux caractéristiques d’une lutte qui implique de « s’embrasser » et de « soulever de la poussière », par rapport à nos combats personnels face à nos adversaires physiques et spirituels.

Dans une certaine perspective, le ‘Hatam Sofèr (l’un des plus grandes maîtres hala’hiques et leaders du Peuple juif, au 18ème siècle) explique qu’il y a deux méthodes qu’ont traditionnellement utilisées les nations du monde pour nous détourner de notre religion. Elles peuvent essayer de nous jeter de la poussière au visage, de manière figurée, en nous persécutant constamment, en nous ridiculisant et en nous rabaissant au niveau de la poussière de la terre. Et quand elles réalisent que la persécution et le ridicule ne fonctionnent pas, elles tentent de nous prendre dans leur étreinte et leur embrassade pour nous inciter à nous assimiler à leur culture et abandonner les traditions juives.

Il se trouve que dans cette vision des choses, le combat avec l’ange d’Essav est considéré comme une expérience négative. Il nous faut apprendre comment éviter cette bagarre et ne pas être attaqués ou attirés par notre adversaire.

NE PAS S’ENGAGER ET NE PAS EMBRASSER

L’on peut également comprendre cette lutte avec l’ange de manière positive. Plutôt que de l’envisager comme un combat contre un adversaire, on peut la voir comme un guide sur la manière de faire face à nos ennemis et ainsi de surmonter ce défi, ce qui constitue le but de notre existence.

D.ieu nous a précisément placés dans cette position car Il veut que nous confrontions Essav et ce qu’il représente. La vie n’est pas seulement une question d’auto-défense et d’évitement de l’influence du mal. Il s’agit également de s’engager dans le monde « extérieur » et de le changer, comme dans le récit du combat de Yaakov. L’ange finit par déclarer que Yaakov est le maître (traduction du nom « Israël ») et non un suiveur (traduction du nom Yaakov : « talon »). Quand les forces d’Essav elles-mêmes reconnaissent la beauté des valeurs de Yaakov, il apparaît que ce combat est fructueux et désirable.

En revanche, lorsque nous sommes engagés dans cet « effort » et relevons le défi de transformer l’ange d’Essav, lui-même, nous ne devons pas abaisser nos standards, quand bien même il s’agit d’entrer en relation avec l’Essav du monde. Il ne nous faut pas permettre à l’ange d’Essav de nous « embrasser » par sa manière de penser. Bien au contraire, nous devons être ceux qui l’influencent. Et par ailleurs, nous ne devons lui permettre de « soulever la poussière » à tel point que nous n’ayons plus la même appréciation de nos propres valeurs, parce qu’elles sont recouvertes de poussière.

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